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Publié dans Mieux-Être

Le 16 janvier 2018 - 16:43  | Par Cassandra Poirier | Photos: Andréanne Gauthier | Paru dans Mieux-Être Édition Décembre 2017
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Julie Bélanger - Le coeur sur la main

Julie Bélanger - Le coeur sur la main

Depuis dix ans, sa voix rythme les journées au travail. Elle partage aussi sa générosité et sa bonne humeur à la télé comme sur le web, à travers sa plateforme. Julie Bélanger est une source d’inspiration et d’authenticité. Rencontre avec une amoureuse de la mer et des gens.  

Julie Bélanger fête ses 20 ans de carrière. Pourtant, à l’adolescence, la jeune fille ne se prédestinait pas à faire carrière en communication et encore moins à la télévision et à la radio en tant qu’animatrice. «J’ai toujours eu la fibre très artistique, sans savoir quelle tournure ça allait prendre. À ma première année d’étude universitaire, je suis allée étudier à Rimouski, en enseignement primaire et préscolaire. Je ne me connaissais pas vraiment, et je n’avais aucune idée de quoi faire. Mais à un moment donné, j’ai réalisé que c’était l’aspect communication que j’aimais dans l’enseignement.» À 19 ans, Julie est embauchée pour l’été au Café-Théâtre Graffiti de Port-Cartier, sa ville natale, pour y faire de la communication: «Ça a changé ma vie, affirme-t-elle. Je me suis inscrite à l’université Laval en plein été en croisant les doigts, j’ai eu une place et j’ai commencé mes études en communication.» Elle était enfin à sa place.

Cette année, Julie prend les rênes de son émission Rythme au travail sur les ondes de Rythme FM pour une 10e année consécutive. Un travail qu’elle n’échangerait pour rien au monde. «Animer à la radio me recentre vraiment. J’ai grandi dans la musique, alors d’en entendre à longueur de journée, c’est normal et c’est un plaisir. Et d’en faire un métier en plus, c’est le summum. Je le fais aussi pour le contact avec les gens. Il y a des auditeurs qui sont là tous les jours. Il y a une relation réelle qui se crée avec plusieurs de ces personnes.» Elle entreprend également la 5e saison de Ça finit bien la semaine avec son acolyte et ami José Gaudet, le rendez-vous des vendredis soirs sur les ondes de TVA. «Je me trouve très choyée et privilégiée, parce que la longévité dans notre métier, il n’y en a pas beaucoup, c’est rare. Et d’avoir 10 ans à la radio et 5 ans à la télé, dans la même émission, c’est un vrai cadeau.»

L’influence de ses racines
Julie a grandi à Port-Cartier sur la Côte-Nord. Sa jeunesse, elle la passe à jouer sur les rochers sur le bord de la plage derrière chez elle avec ses cousines. Et à la maison, le quotidien était en musique. «Il y a toujours eu de la musique chez moi. Mon père jouait souvent avec son band dans le sous-sol, alors elle fait partie intégrante de ma vie.» Des souvenirs qui restent bien ancrés et qui ramènent le plus souvent possible l’animatrice dans son coin de pays. «D’avoir grandi là-bas et d’être partie, c’est comme s’il y avait un bout de moi qui était toujours là. Je me sens vraiment complète quand je suis là, sur le bord de l’eau, entourée de ma famille et des gens que j’aime. C’est le summum du bonheur pour moi.»

Le bord de l’eau, une véritable thérapie pour l’animatrice qui ne peut s’en passer. «Cela fait 15 ans maintenant que j’habite à Montréal, et 15 ans que je recherche toujours les bords de mer. Quand je suis stressée ou ­angoissée, j’ai besoin d’aller m’asseoir sur le bord de l’eau. C’est quelque chose d’apaisant, de méditatif même. C’est une fois installée en ville que je me suis rendu compte à quel point l’horizon me manquait. J’ai grandi dans un endroit où le ciel occupe vraiment la moitié du paysage. Voir loin… C’est comme si ça m’avait permis de rêver, et de savoir que tout était possible.»

Avec des rêves plein la tête, Julie a toujours tout osé. Faire de la télé, de la radio, et même de la chanson avec l’enregistrement d’un album en 2010, S’il n’y avait pas toi. Un autre rêve qu’elle chérissait, celui de créer son site web, une plateforme où elle pourrait donner libre cours à ses envies, partager des bouts de vie bien humblement. «J’anime à la radio, j’anime à la télé, j’ai fait un album, mais aucune de ces plateformes ne me permettaient d’être complètement moi-même. Quand j’anime, je suis là pour mettre en valeur l’autre. C’est parfait, j’adore avoir ce rôle, mais il y avait des choses que je trouvais importantes à dire, alors j’ai créé ma plateforme. Parce que ça prenait une place pour que ça sorte de moi. J’étais en ébullition.»

Une plateforme où Julie donne du sien, en toute authenticité. Ce qui reste sans doute l’une des choses les plus importantes. «Je trouve qu’on est dans une aire d’authenticité. C’est sûr qu’il y a encore du fake et des versions léchées grâce aux réseaux sociaux. On se met en scène, on essaie de se mettre à notre avantage, mais je trouve aussi qu’il y a aussi un courant d’authenticité qui fait du bien. Ça vient beaucoup des milléniaux d’ailleurs. Je trouve qu’il y a quelque chose de très vrai qui sort d’eux.»

Lors de la création de son site web, Julie confie qu’elle a voulu en faire un endroit qui ressemblait à une petite bulle d’intimité partagée, un accès direct à son cœur, comme elle le dit. Mais elle voulait aussi que ce soit un espace de ressources, une boite à outils pour apprendre à se connaître, à être bien, «dans notre peau, dans notre tête et dans notre vie»: «Je voyais mon site comme un magazine psychologique virtuel. Je ne suis pas une psychologue, je partage des bouts de ma vie, mais heureusement, il y a des professionnels qui ont décidé d’embarquer avec moi.»

Apprendre à s’aimer, être bien et savoir décrocher
Si, dans une autre vie, Julie aurait aimé être psychologue, c’est parce que la santé mentale est une cause qui lui tient énormément à cœur. D’ailleurs, Julie est porte-parole du Centre de crise de Québec depuis deux ans, un endroit qui a sauvé la vie d’un de ses proches. Lorsque l’occasion s’est présentée de collaborer avec Isabelle Trahan de Si simple pour créer une collection de bijoux, elles ont décidé que 10% des profits amassés seraient reversés au centre. Un geste qui allait de soi pour l’animatrice.

«Il y a beaucoup de personnes qui voudraient travailler sur elles, mais qui ont accès à beaucoup moins de ressources. C’est pour ça que j’essaie, très humblement et à ma façon, de rendre un peu plus accessibles des outils pour grandir.» À travers son site web, l’animatrice partage ses moments de bonheur, comme ses coups de mou. Une démarche qui lui a donné parfois des vertiges en appuyant sur «envoyer» aux tout débuts. «Cela m’a permis d’accepter pleinement qui je suis. Je sais que j’ai des côtés laids, comme tout le monde, mais voici qui je suis, et c’est tout. Il n’y a pas de drame! Mais pendant longtemps, je pensais que les gens allaient moins m’aimer, s’ils connaissaient la vraie fille que j’étais. J’avais honte de certaines choses, alors que je me rends compte que c’est tout le contraire. On a tous ces zones-là, et on se reconnait les uns dans les autres et ça fait du bien.» 

Julie y publie même un texte sur le burn-out qu’elle a vécu il y a maintenant 9 ans. Aujourd’hui, elle voit cette épreuve comme un véritable cadeau de la vie. «J’avais besoin de casser certaines affaires, dont le perfectionnisme, l’exigence extrême que j’avais envers moi-même. Il fallait que j’apprenne à m’aimer. Je suis allée en thérapie, pour chercher de l’aide, et j’ai commencé la démarche pour apprendre à me traiter comme du monde. Et j’ai rencontré des amis extraordinaires qui font encore partie de ma vie. Avec le recul, ça a été le beau cadeau de ma vie et ce qui m’a définie le plus en tant que femme.»

Travaillante, Julie a aussi appris l’importance de prendre des pauses et de décrocher. «Je sais que mon énergie n’est pas illimitée. Je suis très prudente. Je ne veux tellement pas retomber que j’écoute le moindre petit signe, et j’essaie de prendre soin de moi du mieux que je peux.» Le meilleur moyen d’y arriver? «Être entourée des gens que j’aime autour d’une bonne table. Pour moi, c’est le bonheur. Sur la Côte-Nord, c’est le summum, ajoute-t-elle en riant. Être bien pour moi, ça passe par les relations que j’ai avec les gens que j’aime.»

Questionnaire Mieux-Être
- Si jeunesse savait… Qu’est-ce que tu aurais voulu savoir quand tu étais jeune?
J’aurais voulu apprendre à m’aimer plus tôt. Je comprenais le concept, mais je ne savais pas comment faire. Une thérapeute m’a donné le truc qui a vraiment été un déclencheur. Elle m’a demandé de sortir une photo de moi quand j’étais toute petite et la mettre à un endroit où je la vois tous les jours. Elle m’a dit elle : réalise ce que tu dis à cet enfant. J’avais un discours épouvantable. Ça m’a frappé. À la place, tous les jours, dis-lui une chose positive.

- As-tu un rituel bien-être?
Ça a pris le bord ces temps-ci, mais il faut que je m’y remette… J’ai une pièce dans ma chambre qui est un peu à part. Souvent, je me donne quelques minutes les matins pour m’asseoir, respirer un peu et méditer. Mais tous les soirs, avant de m’endormir, j’ai un livre de lecture spirituelle sur ma table de chevet que j’ouvre de façon aléatoire.

- Le meilleur conseil qu’on t’ait donné.
Il y a un gars à l’université, qui m’avait dit: tout le monde a peur. La différence entre les gagnants et les perdants, c’est que les gagnants vont y aller quand même. On dirait qu’il y a quelque chose qui m’a marqué et qui s’est imprégné en moi. Je me suis toujours promis que même si j’ai peur, je vais avancer quand même. Tout le temps.

 - Ce dont tu ne pourrais pas te passer.
Les gens que j’aime. D’ailleurs, une de mes plus grandes peurs dans la vie est de perdre les gens que j’aime. La musique, parce qu’elle fait partie intégrante de qui je suis. L’art m’aide à vivre, autant en écrivant qu’en chantant. Et la mer. Si tu me dis que je ne peux plus jamais aller sur le bord de la mer, je vais m’éteindre. C’est à ce point viscéral.

- Quels sont tes projets, tes rêves?
Récemment, je réalisais que je suis en train de vivre les rêves que je m’étais écrits, il n’y a pas si longtemps. J’ai toujours fonctionné comme ça, avec une liste de buts à atteindre. Je suis due pour en écrire une nouvelle. Mais le premier item sur cette liste, sera d’écrire un livre. Je n’ai aucune idée de quelle forme il va prendre, mais je vais le faire.

- Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment qui te donne le sourire?
Jack Johnson. Quand j’aime, j’aime. Je suis vraiment une fan. J’ai tous ses albums. Il me fait du bien, il m’apaise, un peu comme la mer. Il a lancé son nouvel album et pour moi c’est un gros bonheur. Je suis tellement contente d’avoir du nouveau matériel de Jack Johnson, je vais l’user à la corde!

Des bijoux qui font du bien
En août dernier, Julie s'associait à la marque Si simple et lançait la collection de bijoux L'Odyssée. Inspirée de la mer qui lui est si chère, la collection comprend cinq chaînes avec pendentif, deux bracelets et un collier mala pouvant tous être portés seuls ou en superposition. De jolis porte-bonheur à porter fièrement... pour l'amour de soi. Disponibles sur www.juliebelanger.com


@juliebelanger.com
Rythme au travail, du lundi au vendredi de 8h30 à 11h30 et de 13h à 16h au 105,7 Rythme FM  •  Ça finit bien la semaine, les vendredis à 19h à TVA


Cassandra Poirier, Journaliste





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