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Publié dans Mieux-Être

Le 23 août 2017 - 09:36  | Par Cassandra Poirier | Paru dans Mieux-Être Édition Août 2017
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Josée Boudreault «On continue!»

Josée Boudreault «On continue!»

Il y a un an, la pétillante Josée Boudreault subissait un AVC, à la stupeur de tous. Aujourd’hui, l’animatrice et conférencière multiplie les projets et va de l’avant avec le positivisme et l’humour qu’on lui connait. Avec son compagnon Louis-Philippe Rivard, ils forment désormais un duo de conférenciers drôles et attachants, également porte-paroles de la campagne de sensibilisation des signes de l’AVC de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC.

Il y a un an exactement, en juillet 2016, Josée ­Boudreault, son compagnon Louis-Philippe Rivard et leurs enfants étaient sur la route des vacances, direction la Virginie, aux États-Unis. Ils s’arrêtent au New Jersey pour y passer la nuit avant de continuer le périple. Mais vers 4 heures du matin, Josée ne se sent pas bien. «À un moment donné dans la nuit, je me suis dit qu’il y avait quelque chose de pas normal, de pas correcte», explique Josée. Elle réveille immédiatement Louis-Philippe qui appelle sans tarder l’ambulance. Elle était en train de subir un AVC. «On était à Princeton, où il y a une grande université très connue, raconte-t-il. Les ambulanciers nous ont dit qu’il y avait un hôpital à 20 minutes de l’hôtel, spécialisé là-dedans. Les meilleurs de la région y sont envoyés. Le spécialiste était déjà sur place, prêt pour elle. On était à la bonne place.» Josée est alors vite prise en charge et évite le pire.

Selon la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, un AVC survient toutes les 45 minutes au Québec et est l’une des principales causes de décès, d’hospitalisation et d’incapacité grave. C’est pourquoi il est primordial de savoir réagir au plus vite face à l’AVC, et donc d’être en mesure d’en reconnaitre les signes.

Pour une troisième année consécutive, la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC lance une campagne de sensibilisation sur les signes de l’AVC auprès de la population québécoise. Josée ­Boudreault et Louis-Philippe en sont les fiers porte-paroles. Une implication qui allait de soi pour ce couple qui reçoit régulièrement beaucoup de témoignages. «Il y a une femme qui nous a écrit pour nous dire qu’un jour, sa mère ne se sentait pas bien. Elle voulait aller se coucher, pensant que ça allait passer. Mais cette femme a pensé à Josée, elle a appelé le 911, et est allée à l’hôpital avec sa mère. Finalement, elle faisait un AVC. Ils l’ont sauvée parce qu’elle est arrivée vite», raconte Louis-Philippe.

«Ce qui est le plus important, c'est de faire ça VITE, insiste Josée. Et plus les gens sauront reconnaitre les signes, plus ils pourront faire une différence entre la vie et la mort.» VITE, c’est l’acronyme de cette campagne qui permet de reconnaitre les principaux signes de l’AVC, car au Québec, encore 37% des adultes n’en connaissent aucun. Une campagne qui a tout de même fait ses preuves, puisque le chiffre s’élevait à 50% en février 2016. «Ce n’est pas le fun d’aller à l’hôpital et d’appeler l’ambulance. On se dit, s’il n’y a rien, j’aurai fait ça pour rien. Mais il ne faut surtout pas attendre ni courir le risque», ajoute Louis-Philippe.

Donner un sens à l’épreuve
Peu de temps après avoir subi son AVC, Josée décide de partager une première vidéo avec son public, pour donner de ses nouvelles. On la voit montrer des affiches qui portent entre autres le message «Je vais bien», mais aussi «Banana Split», «Pneus d’hiver», «Prout Prout Crotte». Si elle avait momentanément perdu l’usage de la parole, elle n’avait certainement pas perdu son sens de l’humour! «Mon chum et moi, on est très drôle. Ensemble, on a décidé que ce serait comme ça et c’est niaiseux, mais c’est mieux», confie Josée. «Si on se faisait plus rire, on aurait trouvé qu’on aurait changé, ajoute Louis-Philippe. Ça nous aurait fait de la peine. On se dirait, on riait tellement dans le temps… Pour nous c’est important. On rit encore. C’est la meilleure façon de gagner, sinon c’est la maladie et l’épreuve qui gagnent sur nous.»

Josée continue alors de partager des vidéos à la fois touchantes et ­humoristiques pour son public. «J’aime ça, parce que personne ne me dit “pauvre petite”, jamais! Je ne suis pas comme ça, moi. Je suis là, on continue, et on fait avec», s’exclame Josée. Sur son compte Facebook, la vidéo avec Ricardo est à se plier de rire! Et que dire de celle où Josée cherche le nom du restaurant où elle veut aller manger. «L’autodérision, c’est la plus belle de ses qualités, affirme Louis-Philippe. C’est la chose la plus importante aussi, parce qu’il y a des gens qui pourraient être mal à l’aise autour de Josée. Mais ils ont du fun avec elle. Elle va être la première à faire une joke avant tout le monde! Dans la vidéo avec Ricardo, eh bien, il rit au boute!»

Garder le contact avec son public malgré les épreuves, en donnant des nouvelles régulièrement et en ­partageant des moments de vie, c’était une réelle nécessité pour l’animatrice et conférencière qui bénéficie d’un support sans bornes de la part des Québécois. Et agir au titre de porte-parole de la campagne de sensibilisation aux signes de l’AVC, c’était aussi une manière de donner un sens à l’épreuve et surtout d’aider les gens.

Un pas à la fois
À travers les vidéos publiées sur son compte Facebook, on se rend compte des progrès énormes que Josée a accomplis au fil des mois. «Je pense que oui, effectivement. Parfois, c’est dur à dire, mais quand je regarde des vidéos, je le vois bien que je vais mieux, que j’avance… lentement, lentement, longtemps, mais ce n’est pas grave, au moins je suis là», s’exclame Josée en rigolant. C’est donc dire qu’un an après, le bilan est plus que positif pour l’animatrice qui progresse un peu plus chaque jour, jusqu’à retrouver un quotidien qui ressemble presque en tout point à ce qu’il était avant. «Sincèrement, ça va très bien, mais c’est sûr que j’aimerais avoir plus de mots pour m’exprimer. Aussi, je ne suis plus tout le temps fatiguée. Au début, j’avais mal au bras, mais maintenant c’est correct ça aussi. Je viens de terminer mes séances d'orthophonie… C’est niaiseux, mais c’est difficile pour moi, de prononcer ce mot-là, mais maintenant je suis capable: “ORTHOPHONIE!”, clame Josée avec son sens de l’humour légendaire. Je m’entraine aussi trois fois par semaine. J’étais très forte avant, et j’ai presque retrouvé cette force, alors j’en suis très contente!» 

Les conférences que le couple présente désormais ensemble font également partie du quotidien de Josée. Remonter sur scène rapidement et se remettre en piste était très important pour la conférencière. «Parce que j’ai quelque chose à dire. C’est sûr que maintenant, c’est plus dur, je n’ai pas tous les mots… avant j’étais tellement bonne, câline! Mais avec mon chum, tous les deux, on aime ça. En plus, Louis-Philippe est tellement bon! C’est incroyable! Je suis contente de retourner là-dedans. Le monde aime ça aussi, on est chanceux. Oui, je suis très chanceuse.» Selon Louis-Philippe, ces conférences sont aussi très positives pour Josée. «Elle est contente quand elle est sur scène et sa tête travaille vraiment bien. C’est presque de la gymnastique du cerveau, je dirais, parce qu’avec l’adrénaline, ça stimule beaucoup. C’est une forme de thérapie, je pense.» Avec huit conférences publiques prévues, et une vingtaine de conférences corporatives à l'agenda, les prochains mois seront bien remplis pour le couple qui s’impliquera également au sein de plusieurs événements avec la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC.

Vivre et être heureux
Josée est définitivement une vraie leçon de courage, de résilience et de positivisme. Malgré les épreuves, elle a su garder le moral et continuer à rire et à faire rire, ce qu’elle fait d’une main de maitre. «J’ai toujours été comme ça, et maintenant, encore plus. Jamais je ne regarde en arrière, parce que ça ne sert à rien. Je suis ce que je suis maintenant, et je fais avec. Je suis contente de ça. Je suis là, au moins! Je suis là, s’exclame-t-elle. Mes filles sont super, mon chum aussi. La vie continue!» Évidemment, devant chaque épreuve, des moments peuvent être plus difficiles. Son conseil: les accueillir pour ensuite mieux rebondir. «Ça arrive, des fois, et c’est normal. Il faut simplement continuer, et demain, ce sera sans doute mieux».
Pour Louis-Philippe, l’épreuve permet également d’apprécier encore plus ce que l’on possède. «Si l’on compare avec ce qu’on avait avant, devant n’importe quelle épreuve, ça peut faire mal. Parfois, on met trop l’accent sur ce qu’on a perdu et on oublie ce qu’on possède. Qu’est-ce qu’on a, nous? On a entre autres nos enfants, on a plein d’affaires! Si on regarde ça, on est très chanceux. C’est ça être positif. Si tu es malheureux, ça n’ira pas mieux.»

La vie nous réserve parfois des surprises, des bonheurs, mais aussi des épreuves. L’important pour Josée, c’est ce que l’on en fait. Elle a décidé de ne pas se laisser abattre et d’en tirer le positif. Participer à la campagne de sensibilisation des signes de l’AVC, pour que d’autres puissent aussi s’en sortir avec le moins de séquelles possible. Donner des conférences pour inspirer autour d’elle. Profiter de la vie au maximum avec son conjoint et ses enfants avec et malgré l’épreuve. Rire et faire rire. En fait, rester tout simplement comme elle est. Josée Boudreault.

«Il faut vivre le plus possible, maintenant, parce qu’on ne sait jamais. Vivez et soyez heureux! C’est tout.»


VITE
Apprenez les signes de l’AVC
Visage - Est-il affaissé?
Incapacité - Pouvez-vous lever les deux bras normalement?
Trouble de la parole - Trouble de prononciation?
Extrême urgence - Composez le 911

Apprenez à reconnaître les signes plus VITE, vous réagissez plus VITE et vous sauvez la personne.


En savoir plus sur l'AVC
Entretien avec le Docteur ­Alexandre Y. Poppe, neurologue à l’hôpital Notre-Dame de Montréal.

Quels sont les facteurs de risques de l’AVC?
L’AVC est une maladie vasculaire qui s’apparente un peu aux signes cardiaques, alors les facteurs de risques sont semblables. Il y a deux catégories de facteurs de risques, ceux qui sont modifiables et ceux qui sont non modifiables, comme l’âge, le sexe, l’histoire familiale ou la génétique. Parmi les modifiables, le plus grand facteur de risque est l’hypertension, donc la haute pression. Il y a aussi le tabagisme, le cholestérol, le diabète, la sédentarité, la malnutrition et l’obésité.

Y a-t-il une population plus à risque?
L’AVC est une maladie qui affecte plus les gens âgés, parce qu’il y a une accumulation des facteurs de risques dans une vie. Mais il y a quand même un bon 10 à 15% de jeunes (moins de 50 ans) qui font des AVC. Il n’est jamais trop tôt pour prévenir.

Quelles sont les recommandations pour prévenir l’AVC?
Traiter l’hypertension par médicaments si on est diagnostiqué. Pour prévenir, il faut surtout être actif physiquement. Sont recommandées 5 séances d’activité physique par semaine d’une demi-heure chacune. De bien manger, et pour l’hypertension, il faut surtout respecter les recommandations de consommation de sel. Éviter aussi de faire un surpoids, relié à l’obésité, qui contribue à la haute pression et au diabète.

Quels sont les premiers gestes à poser?
La première chose à faire est d’appeler les secours parce que chaque minute compte. Par minute d’AVC, on perd 1,9 million de neurones dans le cerveau. Ça passe assez vite. Il n’y a pas vraiment de gestes à poser, comme sur quelqu’un qui s’étouffe ou qui fait un arrêt cardiaque. Pour le patient qui a un AVC, c’est de le mettre en position sécuritaire s’il est, par exemple, sur le bord de tomber et s’assurer qu’il est bien assis ou couché.

www.coeuretavc.ca/avc


Cassandra Poirier
Journaliste





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