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Publié dans Mieux-Être

Le 27 avril 2017 - 09:46
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Sylvie Bernier: Pour une révolution active!

Sylvie Bernier: Pour une  révolution active!

Ambassadrice des saines habitudes de vie, réelle militante pour promouvoir la prévention en matière de santé au Québec, Sylvie Bernier fait entendre sa voix depuis plus de trente ans auprès des décideurs et du grand public. Que ce soit par ses chroniques sur les ondes de Radio-Canada Première à l’émission Gravel le matin, son rôle au sein du Regroupement pour un Québec en santé, ou comme présidente de la Table sur le mode de vie physiquement actif et de la Table québécoise sur la saine alimentation, la championne olympique s’engage pour une transformation des normes sociales quant aux habitudes de vie et pour la création d’environnements favorables à un mode de vie actif et à une saine alimentation. 

Par Cassandra Poirier
Photos: Martin Girard Shoot Studio

1984. Cette année restera gravée à tout jamais dans la tête et le cœur de Sylvie Bernier, mais aussi dans ceux de tous les Québécois qui étaient rivés devant leurs écrans ou assis dans les tribunes pour suivre les épreuves de la plongeuse originaire de Sainte-Foy lors des Jeux olympiques de Los Angeles. Et ils assistent à un exploit. La jeune athlète remporte la première médaille d’or du Canada au tremplin de trois mètres, ce qui fait également d’elle la seule championne olympique canadienne dans sa discipline. «Lorsque je suis revenue de Los Angeles en 1984, une des premières personnes qui étaient à l’aéroport à ma sortie de l’avion, c’était mon médecin. Je lui ai régulièrement dit qu’une partie de ma médaille lui appartenait», raconte la plongeuse.

Enfant, Sylvie Bernier souffre d’allergies et d’asthme chronique sévère. Son médecin recommande alors à ses parents de l’inscrire à une activité physique régulière. «À l’époque, dans les années 70, c’était une approche très avant-gardiste, parce qu’on disait aux enfants asthmatiques de ne pas bouger, de peur qu’une crise d’asthme soit déclenchée par l’effort.» C’est à cette occasion que par un pur hasard, elle développe une passion pour le plongeon et intensifie sa pratique sportive. «Lorsque je suis revenue de Los Angeles, mes problèmes de santé étaient quasi résorbés à 100%. Par mon expérience, je suis entrée dans le monde de la prévention et de la promotion d’un mode de vie physiquement actif. Étant donné que ma carrière a vraiment commencé pour des raisons de santé, très jeune, j’ai compris l’importance et l’effet positif que peut avoir un mode de vie actif sur notre santé.» Un esprit sain dans un corps sain, tel était le leitmotiv dans la famille Bernier. «C’est la façon dont j’ai été élevée, avec mes quatre frères et sœurs. Les études étaient très privilégiées et très importantes, mais on faisait tous un sport ou une activité. Ma mère nous amenait à la piscine pour les cours de natation, le samedi matin, les 5 enfants, à partir de l’âge de 3-4 ans!»

Lorsque Sylvie emménage à Montréal à ses 18 ans, pour poursuivre son entrainement, elle développe alors un grand intérêt pour l’alimentation. Elle oriente même sa carrière vers la nutrition sportive, une spécialité qui n’existait pas à l’époque. Mais à la suite des Jeux olympiques, un tourbillon l’emmène aux quatre coins du pays pour faire part de son expérience, bousculant quelque peu ses plans. Malgré tout, son intérêt pour la santé est toujours demeuré présent. «J’ai toujours poursuivi mon intérêt par des lectures, par mes chroniques à Salut, bonjour! qui ont perduré pendant 20 ans avec des sujets portant sur la famille, la santé ou encore l’alimentation. Pendant cette période, j’ai eu mes 3 enfants en moins de 4 ans, donc j’étais une maman très impliquée et mes chroniques portaient beaucoup sur ce que je vivais comme mère, mes questionnements…»

En 2011, Sylvie Bernier termine une maitrise à l’Université McGill en gestion dans le milieu de la santé nommée International Master of Health Leadership, pour boucler la boucle, comme elle dit. «Avec cette maitrise, mon désir de contribuer à la transformation d’une norme sociale par rapport aux habitudes de vie a vraiment pris toute la place. Les 25 années précédentes m’ont préparée pour la suite et m’ont permis de développer une expertise. Je savais exactement pourquoi je voulais unir ma voix aux milliers de personnes qui veulent faire une différence dans tout ce qui touche la promotion de la santé, et la prévention des maladies reliées au poids.»

En marche pour une révolution active
Depuis 5 ans maintenant, Sylvie Bernier est Ambassadrice des saines habitudes de vie. Elle parcourt la province pour militer en faveur d’actions concrètes pour encourager la prévention en santé et la création d’environnements favorables aux saines habitudes de vie. «Il y a deux facettes à la prévention que l’on peut faire, d’abord sur l’individu lui-même, pour le sensibiliser à l’importance d’être actif au quotidien et de mieux manger. Mais ce qu’on réalise et ce que toutes les données démontrent, c’est que si on ne fait que taper sur le clou de l’individu, c’est peu efficace si ce n’est pas jumelé avec une modification des environnements qui nous entourent.»

Pour y parvenir, Sylvie Bernier s’implique au sein du Regroupement pour un Québec en santé (RQS), en tant que membre de l’exécutif, pour proposer une réelle révolution active! Il s’agit du premier regroupement de la sorte au Québec pour mobiliser les élus et les décideurs à implanter des milieux de vie favorables à de saines habitudes de vie et ainsi augmenter la qualité de vie des Québécois. Le regroupement propose donc aux citoyens d’unir leur voix, entre autres par le biais d’une signature sur le site web officiel, pour faire de la prévention une priorité. «En l’espace de 5-6 mois, plus de mille organisations et organismes et des centaines de municipalités et d’individus ont adhéré à ce grand mouvement. On n’aurait pas pu le faire il y a cinq ans. Je pense que la population est rendue là. Près de 87% de la population réalise que les habitudes de vie ont un impact énorme sur la qualité de vie, notre mieux-être, la réussite éducative de nos jeunes... Il y a une panoplie d’effets positifs à être actifs et à mieux manger. Les gens nous disent oui, je comprends, je veux agir, mais aidez-moi! Ça veut dire modifier l’environnement autour de nous pour que ce soit facile, rapide, moins couteux.»

Une des solutions proposées par le regroupement est de hausser la taxe sur le tabac et d’en instaurer une sur les boissons sucrées et énergisantes, deux produits nocifs pour la santé, pour que cet argent soit ensuite réinvesti dans la prévention et dans l’implantation d’environnements dits favorables. «Nous vivons tous dans une municipalité, une ville, un village, une MRC avec des besoins criants, que ce soit par l’ajout de pistes cyclables, de trottoirs sécurisés pour permettre à tout le monde d’utiliser le transport actif et collectif, de parcs intergénérationnels ou de fontaines d’eau pour en augmenter la consommation. Il y a aussi les écoles et les CPE et l’implantation d’environnements conviviaux, pour que les enfants puissent manger dans de beaux milieux sur l’heure du diner et puissent évoluer dans des endroits où ils peuvent bouger librement. Il y a aussi les aspects de formation et de transfert des connaissances qui sont cruciaux dans cette transformation de la norme sociale. Il y a des milliers de possibilités, donc ce n’est pas juste l’affaire d’une personne ou d’un décideur, c’est vraiment une problématique sociétale et c’est ensemble que nous devons trouver des solutions durables», propose l’Ambassadrice des saines habitudes de vie. 

Un pas à la fois, pour le Québec et pour soi
Même si le sport lui a permis d’acquérir une discipline de vie très jeune, Sylvie mesure très bien les efforts qui sont à fournir pour modifier des comportements, surtout lorsque ceux-ci sont ancrés depuis de nombreuses années. «J’essaie d’être un cordonnier bien chaussé. Depuis que je travaille activement pour cette cause, j’ai moi-même changé des comportements, mais je comprends très bien à quel point il n’est pas facile de les lorsqu'on demeure dans des environnements qui ne nous facilitent pas la tâche. Je le vis aussi depuis 3-4 ans. J’ai intégré le transport actif collectif, même si je vis en banlieue de Montréal. Je me pose toujours la question, est-ce que je peux prendre le train, l’autobus, le métro, le Bixi, une Communauto? J’essaie vraiment d’intégrer l’activité physique à mon quotidien et lorsque j’utilise le transport actif collectif, si je n’ai pas le temps de faire une activité physique, ce n’est pas grave, parce que je marche l’équivalent de 7000 pas, je monte et descends les escaliers dans le métro...»

Intégrer l’activité physique à son quotidien reste une façon efficace de demeurer actif sans avoir à dégager du temps qui relève parfois de l’exploit avec nos rythmes de vie effrénés. Participer à des défis collectifs est aussi une façon efficace et motivante de changer des comportements, assure Sylvie, comme le Défi santé qui a lieu jusqu'au 10 mai. Côté alimentation, inviter un légume et un fruit de plus à son assiette par jour est extrêmement bénéfique. «Dans mon quotidien, je suis les saisons, je fais des activités dehors, des choses faciles comme de la raquette ou du ski de fond l’hiver. L’été, c’est du vélo, de la course, de la natation et beaucoup de montage. Je suis comme monsieur madame Tout-le-Monde qui essaie d’intégrer dans son quotidien un mode de vie actif et une saine alimentation.»

Parmi tous ces moyens, l’une des façons les plus efficaces pour changer nos habitudes de vie, qui est sans doute celle qui est la plus sous-estimée, est bien de faire entendre notre voix, comme veut le revendiquer l’ambassadrice des saines habitudes de vie «On est avant tout des citoyens, rappelle Sylvie Bernier, et c’est aussi le rôle du citoyen d’être exigeant et de réclamer. Par exemple, à l’épicerie, plus notre exigence va augmenter, plus on aura accès à des aliments moins transformés, plus près de la terre. On peut s’impliquer dans le conseil d’établissement de l’école de nos enfants pour demander plus de temps pour l’éducation physique ou le jeu libre. On peut tous faire quelque chose et je répète souvent aux gens: vous avez beaucoup plus de pouvoir que vous pouvez le penser. C’est important de le dire. Vous pouvez écrire à votre député, écrire à votre maire, aller dans les rencontres municipales. Vous pouvez exiger, vous êtes des citoyens, faisons-le pour nos enfants!»

Cassandra Poirier,
Journaliste





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