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Le 5 avril 2017 - 15:39
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Vingt mille passions sour les mers

Vingt mille passions sour les mers

Avec une centaine d’épaves connues, une faune multicolore et des requins aussi vieux que Jacques Cartier, les cours d’eau et les fonds marins du Québec réservent de nombreuses surprises aux amateurs de plongée à l’âme bien trempée.
- Par David Riendeau

David Boivin se souviendra toujours de sa première expérience de plongée, alors qu’il travaillait dans un tout-inclus aux îles Turquoises. «L’insistance de ma copine est venue à bout de ma crainte face à l’inconnu. Une fois qu’on s’est retrouvé devant les poissons multicolores et les coraux, j’ai eu la sensation de faire partie de cet univers.»

De retour à Montréal, le couple s’est dépêché de trouver l’école la plus proche de chez eux et de suivre une formation. Depuis, chaque fois qu’ils en ont la possibilité, ils partent à la découverte d’un site de plongée, affectionnant particulièrement les épaves et les sites historiques au Québec et en Ontario. «Le fait de pouvoir plonger ici nous a beaucoup séduits. S’il fallait constamment aller ailleurs dans le monde, nous n’aurions jamais pu pratiquer notre passion aussi souvent qu’on le voudrait.»

Un terrain de jeu unique
Les adeptes de plongée sous-marine ont l’embarras du choix avec plus de 200 sites répertoriés dans la province, dont certains parmi les plus beaux au monde, souligne Paul Boissinot, président de la Fédération québécoise d’activités subaquatiques (FQAS) qui compte presque 50 ans d’expérience dans ce sport. «Les gens paient un prix de fou pour voir la faune aquatique dans le Sud, mais ils n’ont pas idée des sites exceptionnels qu’on peut trouver ici.»

Un jour, Paul Boissinot a amené le célèbre photographe sous-marin du National Geographic, David Doubilet, à l’île Bonaventure, en Gaspésie. «Un groupe de phoques gris était venu jouer avec nous. L’expérience était magique. À la remontée, il s’est exclamé que c’était le trésor le mieux gardé de la planète. Il n’en revenait pas d’apercevoir une faune marine aussi riche.»

La Côte-Nord compte aussi son lot de sites privilégiés. Baie-Comeau, par exemple, est l’un des rares endroits au monde où les plongeurs peuvent nager avec le requin du Groenland, un prédateur qui impressionne autant par sa taille (jusqu’à 7,3 mètres de long), que par sa longévité. Les experts font l’hypothèse qu’il peut vivre 500 ans.

Plonger dans l’histoire
C’est également chez nous qu’on retrouve la plus grande concentration d’épaves en eau douce au monde. Près de 6000 navires sommeilleraient au fond des Grands Lacs et du fleuve du Saint-Laurent. Aussi près qu’à Cornwall, il est possible d’explorer de petits villages inondés pendant la construction de la Voie maritime dans les années 1950, un terrain de jeu qu’explorent lentement, mais sûrement David Boivin et sa copine. «Les conditions de plongée sont parfois difficiles. Le courant est fort et la visibilité n’est pas toujours excellente, mais cela donne du piquant à nos excursions.»

La formation
Ne s’improvise pas plongeur qui veut. Si vous souhaitez pratiquer cette activité, vous devez obtenir un brevet qui atteste votre niveau de compétence, explique Stéphanie Labbé, copropriétaire de Plongée Nautilus. «Souvent, on suggère aux gens de commencer par un baptême de l’eau. C’est une activité de 2 heures qui permet de faire des exercices en piscine et de se familiariser à la plongée.» Au bout d’une série de cours, vous pourrez vous qualifier pour le PADI Open Water Diver. Valide partout dans le monde, ce premier brevet indique que vous êtes apte à plonger jusqu’à 60 pieds de profondeur lorsqu’il fait jour. Pour vous aventurer dans une épave ou sous la glace, il faudra suivre une formation supplémentaire.

L’équipement
L’achat d’un équipement neuf pour la pratique de la plongée au Québec coûte environ 3500$. «Le montant peut paraître important, mais en considérant que les pièces durent longtemps, choisir un équipement adapté à votre morphologie est un bon investissement», nuance Stéphanie Labbé. L’équipement de base comprend un vêtement sec – indispensable dans nos régions nordiques – une veste compensatrice qui occupe le double rôle de tenir le cylindre sur le dos et de stabiliser la flottabilité, un détendeur d’air, une cagoule, des mitaines, des bas, un masque et des palmes.

Organiser ses sorties
Votre brevet en poche, se greffer à des plongeurs plus expérimentés est une façon efficace de gagner en assurance. Plusieurs clubs organisent des sorties qui s’adressent à tous les niveaux. Le guide de l’excursion pourra vous indiquer les bons endroits où apercevoir la faune et la flore aquatiques. Le répertoire en ligne Scupapedia, qui met à jour les données techniques de plusieurs sites de plongée au Québec et en périphérie, constitue également une ressource précieuse dans la préparation de vos sorties.





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