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Le 6 décembre 2016 - 08:04
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Daniel Raymond, un magicien de la mécanique

Daniel Raymond, un magicien de la mécanique

Pour la majorité des Québécois, les «Hot Rod» sont des véhicules que l’on retrouve généralement chez nos voisins du Sud à quelques exceptions près. On en croise quelques-uns sur nos routes et généralement ces véhicules aux formes exotiques et originales font tourner les têtes. Mais de là à savoir que plusieurs de ceux-ci sont fabriqués dans la Belle Province, il y a toute une marge. Pourtant, au Québec, dans la municipalité de Saint-Philippe sur la Rive-Sud de Montréal, on retrouve l’atelier Dan Rod Shop où Daniel Raymond et ses comparses façonnent le métal pour créer ces sculptures sur roues généralement propulsées par des moteurs démentiels. Et il faut ajouter à cela une forte dose de chrome et de larges pneus.

En général, ces véhicules sont issus de vieilles voitures nord-américaines datant entre les années 30 et la fin des années 50 dans la majorité des cas, même s’il y a de nombreuses exceptions. Et on s’étonne toujours de l’imagination de ces personnes qui créent ces bolides en redessinant leur forme et en transformant ou tout simplement en remplaçant la mécanique. Ces véhicules sont souvent associés à la culture californienne, mais il semble que Daniel Raymond ne s’est pas laissé impressionner par ces origines lorsqu’il a fondé sa compagnie à la fin des années 2000. Et si la progression a été lente, il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, il produit bon an mal an trois à cinq voitures complètes par année, sans oublier les autres véhicules qui visitent son atelier pour subir de nombreuses modifications.

Passion précoce
Il est certain qu’on ne s’improvise pas fabricant de telle voiture en se levant un matin et en ouvrant un atelier tout de go. Pour Daniel Raymond, le cheminement a duré plus d’une trentaine d’années. Au tout début, il se contentait de modifier des voitures pour en améliorer les performances et la silhouette, mais il s’agissait tout de même de voitures contemporaines. En fait, c’est en 1993–94 qu’il fabrique son premier «Hot Rod» complet. Il s’agissait d’un Dodge 1930. Il a ensuite travaillé pendant plusieurs années à modifier des voitures et à produire des «Hot Rod» tout en continuant son travail de mécanicien en robinetterie électronique. Il faut dire que dans la famille, l’héritage de la mécanique remonte à son père qui était mécanicien de machinerie lourde tandis que son frère Gilles partage également la même passion pour la mécanique.

En fait, c’est à la fin novembre 2007 qu’il se lance dans l’aventure à temps plein et fabrique au fil des mois et des années de nombreux véhicules qui ont trouvé preneur. Il a même un client en France, en Normandie plus précisément dans la région de Rennes. Soit dit en passant, il serait intéressant de voir le visage des Français lorsqu’ils croisent la création de Daniel Raymond sur les routes de Normandie. Récemment, un autre Français lui a passé une commande.

L’imagination prime
Contrairement à ceux qui se passionnent à restaurer de la façon la plus exacte possible les voitures d’antan, les amateurs de voitures modifiées donnent libre cours à leur imagination en transformant radicalement les carrosseries, généralement en abaissant le toit, enlevant les charnières extérieures des portières afin d’harmoniser les parois latérales et bien entendu, en faisant appel à des peintures aux couleurs très voyantes qui sont souvent agrémentées de décorations telles étoiles, flammes et autres éléments similaires. Mais le clou de tous ces véhicules, ce n’est pas nécessairement leur silhouette spectaculaire, mais bien la mécanique. Règle générale, c’est un V8 de grosse cylindrée qui a pour mission de propulser ces voitures et bien entendu, l’utilisation intensive de chrome sur ces groupes propulseurs donne de l’éclat à la voiture. Et ce ne serait généralement pas un «Hot Rod» si un imposant compresseur n’est pas au-dessus du bloc moteur et qui émerge du capot grâce à une ouverture spécialement pratiquée pour que les gens puissent admirer cette mécanique et également pour l’alimenter en air.

L’habitacle est également le fruit d’une création fort originale alors que les sièges d’origine sont remplacés par des sièges baquets réduits à leur plus simple expression dans la plupart des cas. La planche de bord est parsemée de cadrans indicateurs généralement cerclés de chrome.

Daniel Raymond, dans son atelier Dan Rod Shop, produit généralement des «Hot Rod» classiques en opposition à une tendance assez importante des dernières années alors que des créateurs et des mécaniciens du dimanche construisent ce que l’on appelle des «Rat Rods» qui sont à la base des «Hot Rods», mais comme leur nom l’indique, produits de façon assez élémentaire avec effet de rouille sur la carrosserie et silhouette déglinguée. Par contre, on fait toujours appel à une mécanique très poussée et très puissante.

Archéologie mécanique
Vous l’aurez deviné, créer des bolides ultra puissants à partir de voitures datant des années 30 n’est pas une tâche facile. Lorsque les «Hot Rods» ont gagné en popularité dans les années 50, il était relativement facile de s’approvisionner en vieilles bagnoles. Par exemple, le célèbre coupé Ford 1932 était encore disponible en assez grande quantité, il s’est révélé le chouchou des modificateurs sans oublier une marque comme Willis dont certaines caractéristiques stylistiques et mécaniques de ces voitures se prêtaient fort bien à des transformations radicales.

Mais cette époque est révolue depuis plus de 60 ans et la chasse aux voitures anciennes toujours en condition mécanique correcte est de plus en plus ardue. Il existe, c’est vrai, plusieurs pièces toutes neuves fabriquées chez nos voisins du Sud qui permettent d’assembler une telle voiture sans trop de problèmes, mais aux fins d’authenticité, plusieurs préfèrent des voitures d’origine.

De plus, compte tenu des exigences de la SAAQ au Québec, il n’est pas toujours facile d’immatriculer un «Hot Rod» dans notre province. Le plus facile est de trouver un véhicule d’époque déjà immatriculé qui se prête à des modifications extensives. À ce moment, la régie provinciale se montre plus clémente qu’avec une voiture assemblée de toutes parts par des pièces aux origines plutôt hétéroclites.

Malgré tout, en raison de la qualité des véhicules qui franchissent les portes de l’atelier de Daniel Raymond, ces voitures trouvent toujours le moyen de pouvoir rouler sur nos routes avec une immatriculation en bonne et due forme.

Le Québec compte peu d’artisans comme Daniel Raymond, mais force est d’admettre que la qualité a préséance.





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