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Le 5 décembre 2016 - 15:26  | Par Judith Plamondon | Paru dans Homme - Hiver 2017
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Le Parti québécois, l'affaire d'une génération?

Le Parti québécois, l'affaire d'une génération?

Quarante ans après sa victoire en 1976, le Parti québécois reste-t-il pertinent et capable d’inspirer? C’est la question que soulève un documentaire scénarisé par le journaliste Marc Laurendeau et diffusé cet automne à RDI. Le point sur la formation politique qui vient d’élire son neuvième chef, Jean-François Lisée, et qui rêve toujours de faire du Québec un pays.

Le Parti québécois (PQ) a connu bien des soubresauts depuis que son chef fondateur, René Lévesque, a pris le pouvoir pour la première fois, en 1976. Au fil des décennies, il y a eu bien quelques gouvernements péquistes, mais aussi deux référendums ratés et une déconfiture aux élections de 2014. 

Si le PQ ne corrige pas le tir, il pourrait bien ne pas survivre aux baby-boomers qui l’ont créé, avance le documentaire «Le Parti québécois: l’affaire d’une génération?». Voici pourquoi. 

Trois fois moins de membres
Fondé en 1968, le Parti québécois a d’abord été mis sur pied dans un esprit de militantisme, avec pour but de réaliser la souveraineté, mais aussi de proposer un contrepoids aux «vieux» partis politiques déjà bien en selle. 

Au début des années 1980, le parti comptait pas moins de 300000 membres dans ses rangs. «On dit que le Parti québécois était l’un des plus importants partis de masse du monde occidental», souligne, dans le documentaire, le politologue Jean-Herman Guay. 

Sauf que depuis cette époque d’effervescence, la base du parti a fondu du deux tiers, alors qu’on recensait à peine 70000 membres en règle à l’été 2016. 

Un parti «comme les autres»
Si le Parti québécois est en déclin, c’est parce qu’il est devenu «un parti comme les autres», plaide Marc Laurendeau dans ce documentaire réalisé par Bruno Boulianne.

M. Laurendeau estime que cette dilution des valeurs péquistes est attribuable, entre autres, à l’élection de chefs qui se situaient plus à droite de l’échiquier politique. C’est le cas de Lucien Bouchard, «le visionnaire devenu comptable», mais aussi de Pierre Karl Péladeau. La charte des valeurs proposée par le gouvernement de Pauline Marois a elle aussi contribué à éloigner le PQ de sa ligne directrice, avancent les politologues cités dans le documentaire. 

«Le PQ, une de ses composantes, c’est un État plus fort. Une de ses missions est de renforcer l’État pour former la molécule. Et pour ça, il faut deux atomes: la souveraineté et un projet social, vraisemblablement social-démocrate. C’est ce qui est dans son ADN», a souligné M. Laurendeau, en entrevue à Ici Radio-Canada Première. 

Le désintérêt pour la souveraineté
Le désintérêt pour le projet souverainiste est lui aussi au cœur du recul du Parti québécois. La souveraineté reste dans la tête des gens comme une possibilité, «mais plus comme un objectif ferme», soutient le politologue Jean-Herman Guay.

«Le véhicule du PQ souffre de ce scepticisme, croit l’expert. La souveraineté n’est plus la clé interprétative, ce n’est plus le justificatif ultime du vote, alors que c’était le cas dans les années 1970, 1980 et peut-être même jusqu’au début des années 2000.»

Date d’expiration: l’an 2034
Une étude publiée en septembre dernier donne carrément une date d’expiration au Parti québécois. Si le PQ ne parvient pas à séduire un électorat plus jeune, il pourrait disparaître aux environs de 2034, estiment les auteurs de l’étude, Éric Bélanger et Valérie-Anne Mahéo, du Centre pour l’étude de la citoyenneté démocratique.

Ces derniers attribuent la mort éventuelle du parti au «fossé énorme» entre les baby-boomers et la génération Y. «La génération Y, pour eux, ce n’est pas vraiment une priorité, la souveraineté, souligne Mme Mahéo dans son étude. C’est une génération de citoyens qui sont plus portés à être ouverts aux différences culturelles.»

Former une coalition avec la gauche
Le journaliste Marc Laurendeau estime pour sa part que le PQ peut espérer survivre s’il parvient à former une coalition avec la gauche (Québec solidaire et Option nationale). Le parti retrouverait ainsi son erre d’aller.

«C’est ce qui a marché en 1976, rappelle-t-il. Pour accéder au pouvoir, le PQ avait formé une coalition avec le Mouvement souveraineté-association, une droite populiste dirigée par Marc-André Bédard et les purs et durs du Rassemblement pour l’Indépendance nationale (RIN).»

Au lendemain de son élection à la tête du PQ, Jean-François Lisée s’est d’ailleurs empressé de tendre la main à Québec solidaire. Reste à voir si son invitation trouvera preneur d’ici les élections provinciales de 2018.





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