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Le 5 décembre 2016 - 15:09  | Par Judith Plamondon | Paru dans Homme - Hiver 2017
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La crise du braconnage en Arctique

La crise du  braconnage en Arctique

Après les rhinocéros et les éléphants, ce sont maintenant aux ours polaires et aux narvals d’être menacés par une crise du braconnage. Tandis que le monde a les yeux rivés sur l’Afrique, le Canada sonne l’alarme pour dénoncer une montée du commerce illégal en Arctique. État des faits.

Avec la boucherie que l’on connaît en Afrique, le trafic et le braconnage des espèces sauvages génèrent de 30 à 100 milliards$ US par année à travers le monde, rapporte Sheldon Jordan, directeur général de l’application de la Loi sur la faune pour Environnement Canada. C’est le marché noir le plus lucratif après les drogues, la contrefaçon et le trafic humain, selon le Fonds mondial pour la nature. 

Or, avec la disparition des espèces traditionnellement prisées par les braconniers et la montée des prix qui en résulte, les animaux nordiques font désormais l’objet d’une attention toute nouvelle. 

Des peaux d’ours polaire à 20,000$ CA
«On voit des demandes pour des produits d’espèces non traditionnelles comme les défenses de narvals, ainsi que pour le morse et les oiseaux de proie», explique Sheldon Jordan, dans une vidéo mise en ligne par Interpol. 

Les espèces du Grand Nord, qui étaient jusque-là épargnées en raison de l’accès difficile, ne font plus exception à l’engouement des criminels. Une peau d’ours polaire, qui valait 5,000$ CA il y a quatre ans, se vend maintenant 20,000$ CA sur le marché noir. Les défenses de narvals trouvent maintenant preneurs pour 3,000$ CA le kilogramme, soit autant que l’ivoire d’éléphant.

Le Canada préoccupé 
La situation ne menace pas pour l’instant la biodiversité de l’Arctique, mais le Canada s’inquiète de l’impact de ce commerce illégal sur l’économie locale des communautés autochtones. 

Car ces communautés peuvent actuellement chasser l’ours polaire en toute légalité et revendre les peaux sur le marché. Cette activité est très réglementée et se limite à un quota d’environ 600 prises par année. 

Ce qui préoccupe le Canada, c’est que si le marché noir continue de prendre de l’ampleur, de nombreux pays pourraient décider d’interdire toute importation de peaux d’ours polaire. Ce serait un désastre pour les économies locales qui fournissent ces produits de façon durable, craint M. Jordan. 

Des actions mises en œuvre
C’est donc pour protéger cette industrie et pour garder le contrôle de la situation que le gouvernement canadien a mis en place un projet pilote en partenariat avec les communautés autochtones. 

Les agents de la faune insèrent maintenant une micropuce dans la peau de chaque ours polaire qui est abattu. Lorsque des douaniers mettent la main sur une peau, ils peuvent savoir si elle a été vendue sur le marché noir ou sur le marché légal.

Les scientifiques récupèrent également des échantillons isotopes des dents et des os des ours en question pour bâtir une base de données ADN. Ainsi, même si la micropuce disparaît, il est toujours possible d’établir la provenance de l’animal.

Tous les pays nordiques touchés 
En septembre dernier, à la demande du Canada, les dirigeants des pays nordiques se sont rencontrés dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. L’objectif était de mettre en place un réseau de surveillance conjoint pour le caribou, le narval, le morse, l’ours et le faucon. 

Parmi les pays qui ont répondu présents se trouvaient les États-Unis, le Danemark (pour le Groenland), et la Norvège. Les participants ont également pris la décision d’inclure la Russie, l’Islande, la Finlande et la Suède dans leurs discussions. 

Selon Sheldon Jordan, s’il y a une leçon que l’Afrique nous a donnée, c’est qu’il ne faut pas laisser la situation déraper. «C’est important pour nous de soutenir les efforts pour lutter contre les crimes concernant les espèces sauvages, car l’avenir de la vie sauvage est entre nos mains», insiste-t-il.





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