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Le 16 novembre 2016 - 07:47  | Par Jean Léon
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Fiat 124 - Héritage italien, fabrication japonaise

Fiat 124 - Héritage italien, fabrication japonaise

Dans le cadre de la nouvelle politique de FCA, d’avoir recours à des partenaires pour la mise au point et la production de nouveaux modèles, Fiat s’est associée à Mazda pour la production d'un roadster deux places fortement dérivé de la très populaire MX-5.

En fait, à part le moteur, la suspension et quelques autres éléments mécaniques, la voiture est une Mazda et en plus, elle est assemblée au Japon. Par contre, elle fait bande à part en nous proposant un moteur 1,4 litre Multi Air produisant 160 chevaux et associé à une boîte manuelle ou automatique à six rapports. En outre, cette Fiat se démarque davantage de la Mazda en proposant une version Abarth, dont le même moteur 1,4 litre produit quatre chevaux de plus.

Au chapitre de la présentation extérieure, il faut se tourner vers la 124 originale qui était produite au cours des années 60 pour comprendre ce qui a inspiré les stylistes italiens. En effet, le Spider original dessiné par Pininfarina se démarquait par une grille de calandre très caractéristique et à l’arrière par des feux horizontaux. On a repris cette présentation en la modernisant, bien entendu, et tout en respectant plus ou moins les autres formes empruntées à la MX-5. Par contre, pour démarquer la version Abarth du modèle régulier, on a peint le capot et le couvercle du coffre arrière d’une peinture noire mate qui n’est pas nécessairement du plus bel effet. Et comme si ce n’était pas assez dans le mauvais goût, on a appliqué les écussons Abarth à l’avant et à l’arrière. Si cet écusson est toujours impressionnant, celui qui est appliqué sur cette Fiat ressemble à des éléments empruntés à des jouets d’enfants. On aurait nécessairement pu faire mieux.

C’est d’ailleurs ce qu’on a fait dans l’habitacle, alors que la présentation et même les matériaux semblent un peu plus relevés que ce que Mazda nous propose. En plus, il est possible de commander des sièges Recaro, mais ces derniers semblent mieux adaptés à l’anatomie européenne qu’à celle des Nord-Américains. Pour plusieurs, envoûté par l’apparence vraiment sublime de ces sièges, ils devront se mettre au régime pour en apprécier les qualités.

Puisque la suspension et la motorisation sont différentes de ce que nous propose la version nipponne originale, il est intéressant d’évaluer les forces en présence. Les 160 chevaux de la 124 «régulière» ou encore les quatre équidés supplémentaires de l’Abarth semblent donner l’avantage à l’italienne en comparaison des 155 chevaux de la Mazda. Ça semble partie gagnée pour la Fiat. En plus, cette dernière produit 36 lb-pi de couple de plus. Pourtant, grâce à l’utilisation astucieuse du couple et des rapports de boîte, la Mazda accélère plus rapidement que l’italienne. C’est quasiment incompréhensible, mais s’il faut se fier aux données produites par la publication américaine Car and Driver dont les essais chiffrés sont la référence, la 124 boucle le 0-60 MPH en 6,7 secondes tandis que la MX-5 boucle le même exercice en 5,9 secondes. Et quant au test du ¼ de mille, que plusieurs considèrent comme étant le test ultime, la petite japonaise le réalise en 14,6 secondes tandis que la 124 s’exécute en 15,1 secondes. Nos confrères américains ont également effectué des tests de freinage et la MX-5 s’est immobilisée en trois mètres de moins à partir d’une vitesse de 112 km/h.

Ces chiffres sont quand même intrigants compte tenu de la puissance supérieure de la Fiat. Mais le moteur de celle-ci est un moteur turbo compressé qui ne semble pas toujours apprécier être violenté. De plus, effectuez des passages de rapports un peu brouillons et vous perdez votre élan.

Et pour ajouter à l’insulte, lors de tests d’adhérence latérale toujours effectuée par nos collègues américains, la Mazda a enregistré 0,90 g tandis que la Fiat ne pouvait faire mieux que 0,87 g, ce qui est quand même pas mal.

La différence n’est pas la performance
Même si la MX-5 surpasse sa cousine italienne en fait d’accélération et de freinage, la différence est tout de même assez minime de sorte qu’en conduite, elle n’est pas tellement ressentie. Nous avons eu l’occasion de faire l’essai de ces deux modèles, mais dans des circonstances différentes et sans pouvoir passer d’une voiture à l’autre de façon avoir des impressions de conduite comparative. On connaît l’agrément de conduite de la Mazda, son agilité et sa précision en virage. Quant à la 124, vu qu’elle est dotée d’un moteur et d’une suspension différente, son comportement routier n’est pas identique. Tout d’abord, tel que mentionné précédemment, le moteur turbo compressé exige des passages de vitesse exécutés à la perfection faute de quoi la puissance semble s’envoler et vous devez pratiquement recommencer. Ce n’est pas tellement dramatique, mais agaçant en certaines circonstances. Et détail à souligner, pour ceux qui aiment cette caractéristique, la sonorité du moteur Multi Air n’est pas tellement «sportive». Une bonne occasion pour les fournisseurs d’équipement de développer les silencieux dont la note saura plaire aux amateurs du genre.

Si la Mazda est plus précise en virage, la Fiat semble un peu plus légère de l’arrière-train et elle se déhanche parfois dans les virages serrés pris à haute vitesse, pour se replacer à la vitesse de l’éclair suite à une correction du volant. Cette caractéristique devrait plaire à ceux qui apprécient ce genre de conduite qui est un peu d’une autre époque. Sans vouloir citer qui que ce soit, on peut affirmer «que les voitures sont similaires, mais différentes»!

Il sera donc intéressant de suivre l’évolution de ces deux modèles. La Mazda MX-5 qui est sur le marché depuis plus d’un quart de siècle, a fait abondamment ses preuves et elle demeure à ce jour le roadster le plus vendu dans l’histoire de l’automobile. Son charisme, sa précision de conduite et son agilité sont ses caractéristiques les plus appréciées. De plus, il est possible maintenant de commander des freins Brembo et des roues BBS par l’intermédiaire du catalogue des options. Quant à la Fiat 124, elle diffère de sa sœur japonaise par une présentation extérieure originale, quelques retouches dans l’habitacle qui font la différence et en plus, il est possible de commander la version Abarth dont les performances ne sont nécessairement pas plus pointues, mais qui donne un cachet spécial.

Reste maintenant à suivre l’évolution de ces deux modèles. Une chose est certaine, Mazda ne sortira pas perdant, car en plus de vendre son propre modèle, elle fabrique son concurrent. 





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