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Le 15 novembre 2016 - 15:38  | Par Judith Plamondon | Paru dans Homme d'automne 2016
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L'économie du partage, un «phénomène irréversible»

L'économie du partage, un «phénomène irréversible»

Qu’ont en commun Uber, Airbnb et Car2Go? Ces entreprises connaissent une popularité fulgurante, mais surtout, elles misent toutes sur l’économie du partage. Portrait de cette tendance qui n’est pas près de disparaître.

Au Québec, l’économie du partage a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois. Les chauffeurs de taxi ont vivement dénoncé les pratiques de l’entreprise Uber, tandis que l’industrie du tourisme a montré du doigt Airbnb.

L’engouement pour ces deux plateformes est tel que le gouvernement de Philippe Couillard a annoncé, au printemps dernier, qu’il lancera un chantier pour mieux définir et encadrer l’économie du partage, qui est loin de se limiter à ces deux géants. 

Voici ce qu’il faut savoir sur la consommation collaborative, décrite par de nombreux experts comme l’économie de demain.

1- L’ère du partage
Concrètement, l’économie du partage est un système dans lequel des individus (ou groupes d’individus) gagnent de l’argent en mettant à profit des actifs (un appartement, une auto, un espace de travail ou même des vêtements) qu’ils utilisent peu ou pas du tout. 

Le principe de base de l’économie collaborative, c’est qu’on n’a plus besoin d’acheter un produit matériel pour l’utiliser.

Par exemple, plutôt que de dépenser pour une voiture, on peut avoir recours au système de véhicules en libre-service de Communauto ou Car2Go. À Montréal, la bibliothèque d’outils La Remise permet aux usagers de partager leur perceuse avec les voisins et/ou d’emprunter la scie qui leur manque. Le site Chic Marie permet quant à lui à ses abonnées de louer chaque mois une garde-robe de vêtements de luxe.

2- Un marché en croissance
Selon une étude menée aux États-Unis par le cabinet Price Waterhouse Coopers (PWC), l’économie du partage représente 15 milliards $ annuellement. D’ici 2025, ce chiffre frôlera les 335 milliards $, avance PWC.

Au Québec, il y aurait pas moins de 180 initiatives d’économie collaborative, selon un recensement effectué conjointement par l’organisme OuiShare Québec et l’Observatoire de la consommation responsable (OCR).

«Les Québécois sont séduits par l’économie du partage ou collaborative et utilisent de plus en plus ces nouveaux services», a souligné Fabien Durif, directeur de l’OCR, au terme d’une étude annuelle sur la consommation responsable dans la province. 

Les sites comme Kijiji ou LesPAC ont particulièrement la cote dans la province, indique un sondage de l’OCR. L’an dernier, près d’un Québécois sur deux (44,9%) a eu recours à une plateforme web pour acheter, vendre, recevoir ou donner des objets de seconde main.

3- Des entreprises innovantes
La croissance de l’économie du partage s’explique en partie par le développement de nouvelles technologies. Les entreprises collaboratives prennent en effet très souvent la forme de sites internet ou d’applications mobiles permettant de mettre en relation les offreurs et les demandeurs.

De passage à C2 Montréal, en mai dernier, le président et directeur général de Car2Go en Amérique du Nord, Paul DeLong, a vanté les vertus de l’économie du partage en insistant sur la notion d’innovation, au cœur de cette industrie.

«Avec Car2Go, on peut trouver, débarrer et démarrer une auto avec son téléphone. Cela aurait été impossible il y a quelques années, a-t-il expliqué. Il faut profiter des possibilités que la technologie nous offre.»

4- Source d’innovation ou manière d’enfreindre les lois?
Reste que l’économie du partage est loin de faire l’unanimité. Certaines entreprises sont montrées du doigt pour leur refus de se conformer aux lois des pays où leur service est disponible. 

Au Québec, Uber fait concurrence à l’industrie des taxis, mais l’entreprise plaide qu’elle offre une nouvelle catégorie de service (le covoiturage commercial) pour ne pas se plier à la réglementation. Un projet de loi déposé au printemps par le gouvernement Couillard propose d’obliger tous les chauffeurs d’Uber à avoir un permis de conduire de classe 4C, spécifiquement réservé au taxi. 

Québec s’est aussi doté d’une loi «anti-Airbnb» en réaction à la grogne des hôteliers. Celle-ci oblige les propriétaires qui louent fréquemment leur résidence à se doter d’une certification et à percevoir auprès de leurs visiteurs une taxe d’hébergement allant jusqu’à 3,5%. Les contrevenants s’exposent à des amendes de 2500$ à 50000$.

Reste que l’économie collaborative est un «phénomène irréversible», selon les jeunes libéraux, qui ont réclamé la création d’un chantier sur le sujet. Même si elle bouleverse les entreprises traditionnelles et les institutions, tout porte à croire que l’économie du partage est là pour rester.





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