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Le 15 novembre 2016 - 15:04  | Par David Riendeau | Paru dans Homme d'automne 2016
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Course extrême, jouer dans la cour des grands

Course extrême, jouer dans la cour des grands

Mares de boue à traverser, billots de bois à transporter, fils barbelés à éviter. Véritables «festivals de la souffrance» pour certains, les courses à obstacles motivent des millions d’adeptes à travers le monde à se mettre en forme.

Branle-bas de combat à la station de ski des monts Sutton, des hommes et des femmes plongent, tête première, dans une étroite tranchée de boue recouverte de fils barbelés. Ils rampent en toute vitesse sous les encouragements de bénévoles. Essoufflés et mouillés comme des canards, ils s’élancent quand même vers un mur de bois qu’ils devront escalader. «Il vous reste encore une heure à faire», leur crie un spectateur. Bienvenu dans l’univers des courses à obstacles. 

«J’ai un plaisir fou à faire un parcours. Avant chaque épreuve, je suis énervé comme un petit garçon!», lance Paul Bélanger, un fanatique de courses à obstacles. «De façon générale, je n’aime pas courir. La motivation n’y est pas», concède ce grand sportif de 46 ans. Le coup de foudre est survenu en 2013, durant l’épreuve Spartan Race au Mont-Tremblant. «Par curiosité, j’y suis allé avec les gars du gym. Nous avons fait la course ensemble, question de solidarité. J’ai adoré l’expérience. L’épreuve a un objectif clair et le participant demeure dans l’appréhension du prochain obstacle.» 

Un sport qui fait courir les foules
Présent dans 44 pays, la course à obstacles – obstacle racing, en anglais – a connu une croissance exponentielle ces dernières années. En 2015, 3 millions d’adeptes participaient à un parcours «extrême» quelque part dans le monde, contre seulement 50000 en 2010. Le Québec ne fait pas exception avec plus de 40 événements de juin à octobre, la plupart en terrain montagneux. La popularité de ces courses ne se dément pas, constate Nicolas Taillefer, organisateur des X-Man Race. «La croissance a été très forte au début. Maintenant, cela se stabilise. N’empêche, nous affichons souvent complet avec 4000 ou 5000 participants pour les épreuves sur deux jours.» 

L’idée de surmonter des obstacles pendant une compétition n’est pas nouvelle. La discipline du 400 mètres haie figure au programme des Jeux olympiques depuis 1900. Toutefois, c’est en 1987 aux États-Unis qu’a eu lieu l’événement Tough Guy, une course d’endurance jalonnée d’épreuves inspirée des entraînements militaires: le participant doit par exemple grimper une corde, transporter une charge importante ou ramper dans une flaque de boue. En cas d’échec, une conséquence lui est imposée. 

Quand le corps lutte contre le cerveau
Question de rajouter du piquant à la course, plusieurs organisateurs modifient leurs parcours d’année en année. Ignorer le degré de difficulté de l’épreuve fait partie de la beauté de l’expérience, estime Jonathan Beaulieu, 19 ans. «On ne sait pas quel sera le prochain obstacle ni où se trouve la ligne d’arrivée. On a l’impression que le parcours est fini, mais il en reste encore un bout, explique celui qui compte dix courses à son calendrier cette année. L’aura de mystère autour du parcours donne une difficulté psychologique intéressante.» 

Les participants ne sont pas les seuls à relever des défis. Créer un nouveau parcours chaque année représente un beau casse-tête pour les organisateurs, assure Nicolas Taillefer. «Le plus difficile est de savoir où placer les obstacles, car souvent ils sont gros et lourds à transporter en montagne. Cela représente des coûts supplémentaires en temps et en machinerie, mais il faut innover et créer des obstacles époustouflants.» 

Un sport pour tous
Une visite pendant le X-Man de Sutton a permis de constater que la course à obstacles ne s’adresse pas seulement aux sportifs. Jeunes et moins jeunes participaient avec le même entrain. «Lorsque j’ai fait ma première course l’an dernier, j’étais en perte de poids, raconte Mathieu, un gaillard de 25 ans. Je n’ai pas terminé dans les premiers, mais ça n’avait pas d’importance. Je m’étais rendu là. Venir faire une course à obstacles me donne une motivation supplémentaire pour me lever tous les matins et aller au gym.» 


L’entraînement, par où commencer? 
Vous en êtes à votre première participation? Songez à élaborer un programme d’entraînement qui combinera aérobie et développement de la force musculaire, recommande la kinésiologue Évelyne Blouin. «Les participants devraient s’habituer à courir minimalement la distance prévue dans l’épreuve. Ensuite, ils peuvent compléter avec des séries d’exercices qui requièrent peu d’équipement et qui utilisent le poids du corps comme des push-up, des squats et des chin-up.» Enfin, elle suggère de regarder les photos des épreuves des années antérieures, ce qui permet d’avoir une bonne idée du type d’obstacles que les participants devront surmonter.





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