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Voyage

Le 24 août 2016 - 15:58  | David Riendeau | Paru dans Homme Édition Été 2016
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Dictionnaire amoureux de Rio

Dictionnaire amoureux de Rio

Rio de Janeiro est une ville magique à visiter au moins une fois dans sa vie. La proximité de la mer, l’omniprésence de la culture et la joie de vivre des Cariocas contribuent à créer une ambiance unique au monde. De passage dans la « ville merveilleuse » juste à temps pour le carnaval, notre collaborateur livre un lexique pour aider les voyageurs à préparer leur premier périple en terre brésilienne.

Bloco

Le Carnaval de Rio, c’est plus qu’un gros défilé à paillettes et à plumes! Pendant cette semaine de célébrations, toute la ville vibre au rythme des blocos. Loin des caméras de télévision et du faste du Sambrodome, ces fêtes populaires rassemblent les habitants d’un même quartier. Les voisins se mêlent dans la rue pour chanter, trinquer et danser la samba. Souvent, des musiciens de renom participent aux blocos, qui se transforment en gigantesque défilé s’étirant jusqu’aux petites heures de la nuit. À cette époque de l’année, les mœurs se relâchent : les gars se travestissent, les filles dévoilent presque tout et les inconnus s’embrassent. Ambiance folle garantie.

Bossa-nova

Impossible de présenter Rio sans parler de la bossa-nova. La légende veut que ce style musical des années 1950 soit né quelque part dans la zone sud de la ville. Alors que le pays connaît une ère de progrès sans précédent, de jeunes musiciens de la classe moyenne se rencontrent dans de minuscules appartements face à la mer et s’amusent à mélanger le jazz des États-Unis à la samba brésilienne. Ce « nouveau truc », chanté à contretemps et souvent accompagné d’un seul instrument, se répand alors dans de petites salles de la ville comme le bar Garota de Ipanema. La reprise de Chega de saudade par le guitariste Joao Gilberto en 1958 constitue la pièce phare de ce genre qui conquerra la planète quelques années plus tard. Encore aujourd’hui, des musiciens de bossa-nova montent sur les planches de certains bars comme le chic Miranda.

Miranda : 1424, Avenida Borges de Medeiros, Lagoa.

Cachaça

L’alcool dans votre caïpirinha à la plage, c’était du rhum? Dites plutôt de la cachaça! Cet alcool de canne à sucre est une source de fierté nationale, le Brésil comptant pas moins de 5000 marques différentes. À Rio, la cachaça se retrouve partout, du débit improvisé dans la rue jusqu’au bar branché. Avec ses dizaines de bouteilles suspendues au plafond, la déco de Casa de cachaça donne l’impression de rentrer dans un laboratoire d’alchimie. Certains flacons contiennent même des serpents... La carte de cette adresse sympathique permet d’essayer plusieurs variétés de cette eau-de-vie sans défoncer son budget.

Caca de cachaça : 100, Avenida Mem de Sa, Lapa

Corcovado

Surplombant Rio de Janeiro du haut de ses 710 mètres, le mont Corcovado supporte la sculpture du Christ rédempteur. L’attraction a été réalisée en 1931 par Paul Landowsky. L’artiste français a voulu représenter l’emprise de l’Église catholique sur le Brésil. L’œuvre est maintenant considérée comme un symbole de l’unité du pays. Fait intéressant; la foudre frappe cet emblème de la ville en moyenne six fois par année. Un train touristique permet de monter jusqu’au pied de la sculpture. Inauguré en 1884 par l’empereur Dom Pedro II, le chemin de fer long de 3,8 kilomètres traverse le parc national de Tijuca, une vaste forêt urbaine. La gare se trouve dans le quartier traditionnel de Cosme Velho. À 200 mètres à l’ouest de la station, découvrez la minuscule place Largo do Boticario et ses coquettes résidences du 19e siècle.

corcovado.com.br

Favela

Apparue au tournant du 20e siècle avec l’afflux de familles pauvres de la campagne, la favela fait désormais partie intégrante du paysage carioca. Un habitant de Rio sur cinq vit dans l’un de ces bidonvilles bâtis sur le flanc des collines, souvent dans des conditions misérables. Malgré de graves problématiques de pauvreté et de violence, la favela a permis le rayonnement de courants artistiques populaires comme la samba et le forro à l’ensemble de la société brésilienne. Si les visites guidées des favelas connaissent une vive popularité depuis quelques années, il est possible de parcourir seul certains quartiers « pacifiés » comme Vidigal, la voisine d’Ipanema, qui est devenu le dernier lieu à la mode. La prudence recommande tout de même de laisser ses objets de valeur à l’hôtel.

Nature

La présence de grands espaces verts au cœur de la cité chasse l’impression de se retrouver dans une mégapole de 6,3 millions d’habitants. Souvent, il suffit de traverser la rue pour mettre les deux pieds dans la forêt de l’Atlantique, un écosystème qui s’étend sur tout le littoral brésilien. Pour profiter de cette nature luxuriante, visitez le Jardin botanique municipal. Fondé en 1808, il abrite notamment une forêt tropicale humide, un arboretum et une serre d’orchidées. Gardez votre caméra photo à portée de main; plusieurs espèces de singes et d’oiseaux ont élu domicile dans le parc.

jbrj.gov.br/

Pao de açucar

La montagne du Pain de sucre est vite devenue un symbole de Rio de Janeiro. Dès 1912, un premier téléphérique était inauguré, attirant un grand nombre de visiteurs. Le bondinho supportait alors des cabines construites partiellement de bois pouvant transporter 17 passagers. La vue du coucher de soleil depuis le sommet est un spectacle inoubliable à inclure dans votre itinéraire alors que la silhouette du Christ rédempteur et des montagnes se détachent dans un océan d’or. Envie d’une poussée d’adrénaline? Il est possible d’escalader cet énorme bloc de granite en compagnie de grimpeurs professionnels.

climbinrio.com

Praia

La relation entre les Cariocas et la praia est une longue histoire d’amour. Rio de Janeiro vit tourné vers l’océan Atlantique avec 36 kilomètres de plage. Ne soyez donc pas surpris de croiser des surfeurs déambuler en pleine ville avec leur planche sous le bras. Tout bon séjour ici devrait commencer par une longue promenade sur le bord de l’eau, question de goûter à l’ambiance locale qui offre un savant mélange de joie de vivre et de nonchalance. Une noix de coco à la main, mêlez-vous à la foule de baigneurs, de vendeurs ambulants et de joggeurs. La plage des luxueux districts d’Ipanema et de Leblon est le rendez-vous de la jeunesse dorée, tandis que Copacabana demeure la coqueluche des touristes.

Santa Teresa

Pittoresque, avec ses maisons centenaires et colorées, Santa Teresa s’étend sur une colline près du centre-ville. Repaire de la bohème, une atmosphère décontractée, presque intemporelle se dégage de ses rues tortueuses, chargées d’arbres matures. Le quartier s’explore à pied, tout simplement, ou à bord du bonde, un antique tramway. Commencez votre visite en grimpant les escaliers Selaron, longs de 125 mètres et réputés pour leurs mosaïques de faïence. La bute culmine au Parque das ruinas, un espace vert qui accueille les ruines d’une demeure bourgeoise, transformée en centre culturel. Le dernier étage donne une vue spectaculaire sur la baie de Guanabara. Terminez votre parcours en prenant l’apéro à l’Armazém São Thiago, une institution dont le mobilier – et certains clients – n’a pas bougé depuis 1919!

Armazém São Thiago: 26, Rua Aurea, Santa Teresa

Vélo

Avec tous les problèmes de congestion routière que connaît Rio, mieux vaut enfourcher un vélo et explorer les alentours à son rythme. En vue d’accueillir les Mondiaux de soccer et les Olympiques, la ville s’est dotée du plus grand réseau cyclable d’Amérique du Sud avec 450 kilomètres de pistes. La société BikeRio compte des dizaines de stations de vélos en libre-service disposées dans plusieurs quartiers. Le service requiert un téléphone avec accès internet et une carte de crédit. Moins compliqué, mais plus onéreux, quelques agences touristiques proposent la location de bicyclettes.

mobilicidade.com.br

 

David Riendeau

 

 

 

 

 

 





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