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Le 24 août 2016 - 15:53  | David Riendeau | Paru dans Homme Édition Été 2016
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Commencer la randonnée du bon pied

Commencer la randonnée du bon pied

Partir pour mieux se retrouver, telle pourrait être la devise de la longue randonnée. Avec le retour des beaux jours, Homme s’entretient avec deux passionnés de cette activité qui peut se pratiquer partout et à peu de frais.

« À quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier? Vous devez tracer des sentiers vers l’inconnu. Si je ne suis pas moi, qui le sera? » Ces mots, écrits 165 ans plus tôt par le philosophe Henry David Thoreau, résument l’essence de la longue randonnée. Loin du stress, loin des technologies, plus près de la nature, plus près de soi, le trek est devenu un antidote à la frénésie du quotidien.

« Même si je déteste me lever tôt le matin, la beauté des paysages rencontrés en chemin fait passer ma mauvaise humeur », lance en riant Edouard Chehade, un Québécois qui réside en Californie.

Un premier trek vers le Machu Picchu au Pérou alors qu’il était encore aux études l’a convaincu que la marche était un moyen privilégié d’en apprendre plus sur les cultures locales tout en relevant un défi physique. Depuis, il a arpenté l’Himalaya, les Alpes néo-zélandaises et les hauteurs de la Tasmanie. « Je me suis lancé dans la longue randonnée pour avoir l’opportunité d’apercevoir des paysages totalement différents, raconte-t-il. Pour voir les plus hauts sommets, il faut souvent se perdre dans des endroits reculés, accessibles uniquement à pied. »

L’arrivée de l’automobile, puis de l’avion, a chamboulé notre façon de concevoir la notion de l’espace. Il est plus rapide de faire Montréal-Paris en avion que Montréal-Saint-Hyacinthe à pied. Un grand nombre d’amateurs de plein air ont décidé de se réapproprier ce mode de transport ancestral qu’est la marche.

User ses bottines pendant des jours, voire des semaines, dans l’arrière-pays en s’accordant le luxe inouï de jouir de paysages grandioses est devenu une façon de renouer avec l’esprit premier du voyage, observe Philippe Voghel-Robert. « Dans la routine, on se dit qu’il faut trouver du temps pour faire du sport, pour s’étirer, pour bien manger, etc. En longue randonnée, tu as l’opportunité rêvée d’avoir tout ton temps. » La distance à parcourir, les obstacles à surmonter, la fatigue à vaincre sont d’autant de difficultés qui transforment de simples vacances en véritable aventure.

L’ABC de la randonnée

Philippe Voghel-Robert et ses deux frères ont voulu vivre une expérience inoubliable en traversant la portion gaspésienne du Sentier international des Appalaches, une « petite » trotte de 650 kilomètres. La traversée a duré 30 jours. « On avait retenu notre date de départ trois ans à l’avance, question de se libérer. Malgré le mauvais temps et les bobos, on a vécu des moments uniques. »

Une longue randonnée « en autonomie » – sans ravitaillement régulier – requiert beaucoup de préparation et une bonne dose de débrouillardise. « Il a fallu repérer les endroits où dormir et où acheter la nourriture. Le petit dépanneur au bord de la route en Gaspésie ne vend pas nécessairement les aliments dont tu as besoin », résume le sportif de 25 ans. Les trois frères se sont envoyés par la poste des boîtes de nourriture déshydratée à des endroits stratégiques, sachant qu’ils auraient épuisé leurs provisions après plusieurs jours en milieu sauvage. À un autre moment, ils sont descendus au village le plus proche pour faire des provisions. Un taxi local, préalablement contacté, les attendait sur un sentier au beau milieu de la forêt. « Disons que ce jour-là la facture d’épicerie était assez salée! »

La gestion du garde-manger doit tenir compte de différents facteurs comme le besoin calorifique du randonneur, mais aussi le poids. Edouard Chehade l’a appris à ses dépens. « À ma première expérience en autonomie, j’ai commis l’erreur d’acheter plein de conserves. Maintenant, je privilégie la nourriture sèche comme les fruits secs, les noix, les nouilles ramen, les saucissons. Après quelques jours en montagne, on se surprend à aimer la purée de pommes de terre en poudre. » L’homme de 28 ans suggère de prévoir des vivres pour une ou deux journées supplémentaires « en cas d’imprévus ». 

Aux yeux des deux randonneurs, il est essentiel d’intégrer la marche avec sac à dos dans sa routine. « C’est sans doute l’élément le plus éreintant de la randonnée. Il faut s’habituer à se promener de longues heures avec 20 kilos ou plus sur le dos », commente Philippe.

Partir seul ou en groupe?

Entreprendre une longue randonnée en groupe permet de tisser des liens solides entre participants, tout en offrant des avantages sur le plan sécuritaire et logistique. À défaut de trouver un compagnon, un randonneur peut décider de partir seul. Souvent, il finira par rencontrer quelqu’un qui fait le même trajet. Par contre, mieux vaut avoir les nerfs solides lorsqu’on entame une expédition en solo. Philippe Voghel-Robert a marché seul 4 jours en Patagonie argentine. Une rencontre inopinée lui a donné une sacrée frousse. « Je marchais dans les montagnes depuis un bon moment déjà quand j’ai aperçu quelque chose bouger au loin. La forme s’est précisée à mesure que j’avançais. J’ai compris que c’était un puma! Heureusement, rien ne m’est arrivé, mais en cas d’attaque, j’aurais été mal pris. »

Un guide, c’est utile 

 

Retenir les services d’une agence touristiques peut vous épargner bien des soucis, surtout si vous êtes novices dans le domaine. Avant d’embaucher un guide, assurez-vous qu’il soit accrédité par une association professionnelle ou par les autorités locales.

 

Quoi mettre dans son sac? 

 

Choisissez des vêtements et de l’équipement en fonction des conditions météorologiques de votre destination. Prévoyez un duvet pour le temps frais et un bon imperméable pour les intempéries. Irez-vous en haute altitude? Le froid risque de faire craquer certains tissus synthétiques s’ils sont mal adaptés. Enfin, testez votre équipement avant le départ, à commencer par votre sac à dos et vos souliers.

 

Où s’initier?

 

Avant de vous lancer dans une odyssée d’un mois, plusieurs itinéraires de quelques jours au Québec permettront de vous muscler les mollets. La Traversée de Charlevoix (105 km) se fait en 7 jours ou en version écourtée. Vous pouvez également découvrir une portion du Sentier international des Appalaches, qui se rend jusqu’aux États-Unis. 

 

traverseedecharlevoix.qc.ca

sia-iat.com

 

David Riendeau

 

 

 

 

 

 





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