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Publié dans Mieux-Être

Le 21 juillet 2016 - 17:03  | Noémie Crépeau | Paru dans Mieux-Être Édition Juin 2016
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Vivre la non-violence dans votre Yoga

Vivre la non-violence dans votre Yoga

Ressentir et écouter sont les maîtres mots de la non-violence. Ce principe, dans sa plus simple expression, devient une expérience de compassion, d’amour sublime.

La non-violence est assez facile à appliquer lorsque tout va bien. Par contre, cela devient beaucoup plus exigeant lorsque notre environnement est plus hostile, lorsque l’on vit du stress et des peurs. Nos plus belles intentions s’évaporent rapidement. C’est à ce moment que la pratique du Yoga devient un exercice idéal pour cultiver la non-violence dans les hauts et les bas de notre quotidien.

Pierre angulaire du Yoga

Les Yamas, principes éthiques du Yoga, constituent la première de huit étapes du chemin vers l’harmonie absolue que propose la voie du Yoga. Le premier de tous ces préceptes est la non-violence. La pratique de la non-violence est intrinsèque à la maîtrise des postures, à la méditation comme aux techniques de respiration.

La non-violence dans votre corps, c’est savoir écouter

Pour beaucoup, souhaiter et produire des résultats palpables est un objectif quotidien. Nous entrons dans le Yoga avec la même perspective : bien faire une torsion veut dire qu’elle doit correspondre à telle forme, bien faire la pince signifie que l’on doit toucher nos orteils.

Cependant, le corps n’a pas à se plier à une exigence, à une attente, à un idéal ou à une forme. Ici, commence la non-violence.

Sa pratique se réalise par une posture intérieure que l’on emprunte pour aborder les postures du corps physique. Ce n’est pas une évidence dans notre monde hyperperformant.

On peut se répéter ce principe cent fois, lire sur son sujet, pourtant on ne saisit toute sa mesure que lorsque l’on commence à en faire l’expérience. Ressentir cette non-violence peut prendre du temps.

Le souffle pour cultiver la non-violence

Le souffle est un outil essentiel pour vous installer dans cette posture intérieure. En effet, si votre respiration se bloque lors d’un mouvement ou d’un enchaînement, c’est que vous forcez votre corps pour atteindre votre objectif et vous dépassez nécessairement vos limites.

Lorsque l’on retient son souffle pour réaliser une posture, on force notre corps, on lui impose un objectif sans prendre le temps de ressentir s’il est disposé à le faire. D’une certaine façon, on lui fait violence. Ainsi agressé, le corps se crispe.

La fluidité du souffle est aussi importante que la réalisation du mouvement. En fait, la maîtrise du souffle fait partie intégrante du mouvement. Il est nécessaire d’apprendre à laisser tomber le désir de performer à tout prix (et se rendre compte que, même si on sait que la performance n’est pas adéquate, on a souvent le réflexe de ce désir).

Un souffle fluide mène à un mouvement fluide! Grâce à l’écoute du souffle, il devient presque impossible de se blesser.

La pratique physique devient une excellente source d’inspiration pour la vie quotidienne : vous apprenez à vivre la non-violence même devant le stress, la pression, la peur (tout ce qui fait que l’on retient notre souffle). Avec le temps, l’écoute devient fine et subtile, se dépasser sans dépasser ses limites devient un art.

Être non violent, c’est rendre libre. Donna Farhi, Maître Yogi, écrit ainsi que toute pensée, toute parole ou toute action qui nous empêche (ou quelqu’un d’autre) de nous épanouir ou d’être libre est nocive.

La non-violence dans l’esprit, c’est savoir déjouer

Si le fait de forcer votre corps à se conformer à vos attentes ou à vos objectifs limite votre souffle et tend votre corps, il fait de même avec votre esprit. Lorsque vous tentez de réaliser coûte que coûte une posture exigeante, vous ne contemplez plus la lumière du jour ou la douceur de l’air, vous ne souriez plus, il n’y a qu’une chose qui compte : que votre corps se plie à votre exigence.

Le « mental » impose ainsi sa volonté et sa vision à laquelle le corps doit se plier. D’ailleurs, si cela se produit parfois en Yoga à travers les exercices de postures, c’est encore plus fréquent au quotidien dans notre rapport à nous-mêmes et aux autres.

Notre « mental » a pour fonction naturelle d’évaluer les possibilités que nous offre la vie. Cette évaluation se transforme facilement en commentaires continus, en comparaison, en critiques et en jugements. Tout ce que nous disons, faisons et pensons y est soumis : les « il faut » et les « je dois » se multiplient pour répondre à ce que notre mental considère être bien.

Dans ce cas, notre « mental » impose au reste de notre personne une certaine réalité, en définissant le bon et le mauvais. Mais n’avez-vous pas déjà senti une incohérence entre ce que vous ressentiez comme étant bon et ce que vous pensiez être bon?

Ce sont des habitudes mentales qui perpétuent en nous-mêmes ces formes d’agressions, dont nous ne sommes souvent pas conscients et qu’il n’est pas toujours évident de les déjouer.

Alors, on tombe dans un piège de l’esprit (ou un jeu, ça dépend de la perspective!) : on réalise que la non-violence (c’est-à-dire l’écoute de ses besoins) est la voie à suivre, mais notre mental récupère cet objectif et en fait une obligation! Alors, il faut agir de manière non violente, on ne doit pas se juger ni dépasser ses limites, on doit être à l’écoute de soi, etc. 

Dans cette situation, nous ne sommes pas plus libres!

La solution? Accueillir la réalité de ces habitudes comme on accueille toutes les réalités de notre corps dans le Yoga. Si on a une douleur au dos, par exemple (qui nous fait mal et nous agresse pendant une pratique), on ne la chassera pas avec un peu de frustration… ça ne changera rien, elle restera là. Cette douleur fait partie de l’expérience et notre envie de nous en défaire aussi, tout cela est à accueillir avec douceur.

Sortir de cette dualité (il faut - il ne faut pas) signifie embrasser la non-violence comme compassion, c’est-à-dire le fait de souhaiter et d’agir afin. Un grand Yogi new-yorkais, Dharma Mittra, disait que si vous comprenez la compassion, vous comprendriez la non-violence.

Astuces pour accueillir avec douceur

Comment accueille-t-on un ami? Avec un sourire et avec douceur, avec écoute et avec compassion. On agit ainsi, entre autres, pour le soulager de ses souffrances.

C’est avec cette même qualité de présence que l’on peut concevoir accueillir toutes nos expériences avec non-violence. Épictète, philosophe grec, disait que les choses ne sont jamais mauvaises, seule peut l’être la façon dont tu y penses!

De manière paradoxale, plus on accueille cette violence sous toutes ses formes (tension, agression, peur), plus on comprend ses motivations sous-jacentes et plus on est en mesure de désamorcer ses expressions. Derrière tout cela, ce dont nous manquons généralement, tout un chacun, c’est d’amour et de compréhension.

En ce sens, cultiver la non-violence, c’est cultiver l’amour de soi, mais aussi l’amour des autres, et pourquoi pas, l’amour de la vie.

Ainsi, le Yoga nous permet, dans la relation libératrice du cœur à l’esprit qu’il élève, de faire résonner cette posture intérieure de la non-violence, de l’exporter « hors du tapis ». Il nous inspire à porter cette même écoute, cette même douceur dans nos rapports aux autres. 

 

Noémie Crépeau
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Travail en individuel, approche thérapeutique pour problématiques chroniques(stress, anxiété, cancer, arthrite, douleurs, etc.)

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