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Publié dans Mieux-Être

Le 12 juillet 2016 - 15:05  | Sandrine Chabert | Paru dans Mieux-Être Édition Juin 2016
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Le minimalisme ou l'art de ne pas avoir pour être!

Le minimalisme ou l'art de ne pas avoir pour être!

Combien de brosses à cheveux avez-vous? De pinces à cheveux? Pensez-vous seulement utiliser tous ces gels-douche dans la semaine? Pour quelle raison pensez-vous avoir besoin d’un nouveau téléphone cellulaire alors que le vôtre fonctionne à merveille? Pour répondre à une nécessité ou pour impressionner? Pour adhérer à un groupe? Pour montrer qui vous êtes? Ce que vous valez ou plutôt combien vous valez?

Nous devons Avoir pour Être!

Le minimalisme dans l’esprit collectif serait un lointain cousin de la simplicité volontaire dont on parle de moins en moins, mais qui était très en vogue, il y a une décennie environ. C’est, à la base, un mouvement artistique, né aux États-Unis dans les années 60, en réaction à la surconsommation. Il s’agissait de mettre en exergue des espaces vides, d’utiliser peu de matières, de couleurs et de formes. Un certain nombre de designers perpètrent ces principes, ceux qui prônent le blanc et la pureté des lignes. Mais qu’en est-il de cet art minimal appliqué à nos vies?

Il y a, certes, une prise de conscience collective quant à notre mode de consommation. Chacun y va de son moment de végétarisme (mais la poutine au foie gras sans foie gras, ce n’est pas pareil), de sa pratique du compostage (mais les écureuils montréalais adorent ouvrir les boîtes à compost et les voisins hurlent au sujet de l’odeur pestilentielle qui s’en échappe), de l’utilisation exclusive de sacs réutilisables, etc. La société oscille donc, paradoxalement, entre une réelle envie de changement et un véritable besoin de consommer. D’autant que les publicités sont de plus en plus présentes dans notre vie, sur nos téléphones cellulaires, dans le métro, sur l’autoroute, les magazines, les films. À longueur de journée, de façon insidieuse, nous subissons collectivement le placement de produits. Il semble que nous ayons besoin de posséder pour exister.

Le minimalisme est donc une attitude de vie à contre-courant, quasi mystique; un refus d’obtempérer à une société axée sur le paraître. Le mot est lâché : paraître. Le mouvement minimaliste ou plutôt le mode de vie minimaliste considère que l’on n’est pas ce que l’on possède, et que le bonheur se situe dans le vide environnant, un peu à la mode du Feng Shui. Le bonheur, seul, remplit un espace désencombré, exempt d’objets inutiles. Il faut donc intrinsèquement définir l’inutilité. Est-il nécessaire de posséder trois services à vaisselle? Sachez que tous les objets qui remplissent votre quotidien utilisent, à votre place, un espace vital. Qu’il soit caché dans un placard ou enfoui au fond d’une armoire, l’objet use votre énergie, car vous savez qu’il est là, qu’il existe et qu’il encombre! Évidemment, il peut être difficile, voire impossible, de vous débarrasser du service de votre trisaïeule. Toutefois, si vous pensez à la place qu’il tient physiquement, le jeu en vaut-il la chandelle? Vous ne le sortez jamais de peur de le casser de toute façon. Alors, je vous entends grogner, non, vous n’allez pas vous en défaire! Impossible! D’accord, oublions le service à vaisselle. Mais posez-vous les vraies questions au sujet de ce que vous possédez :

  • Avez-vous vraiment besoin d’un dixième rouge à lèvres? Il faut, bien entendu, être honnête avec soi-même. Un besoin est un élément vital sans lequel votre équilibre serait précaire. Est-ce le cas? Est-ce que tout le monde, au bureau, a remarqué que votre rouge à lèvres était un modèle 2015?
  • Faut-il nécessairement changer cette chaise ou simplement la repeindre dans une couleur plus actuelle?
  • Pouvez-vous donner quelques sacs à main à l’Armée du Salut?
  • Combien de paires de chaussures êtes-vous capable de porter, en même temps? Et combien de petites robes noires?
  • De quoi votre maison a-t-elle réellement besoin?

Il faut apprendre à relativiser chaque achat, avant de passer à la caisse, voire à la cabine d’essayage, et se questionner sur la raison exacte qui motive ce besoin. Parfois, il s’agit d’un acte compulsif : certains fument, d’autres achètent. Si c’est le cas, le simple fait de se poser la question permet de calmer la pulsion. Il ne reste alors plus qu’à tourner les talons et sortir au plus vite du magasin ou du centre d’achats. Les premières fois, vous allez sans doute souffrir, tenter de vous convaincre que vous le méritez, que vous travaillez dur pour vous faire plaisir. Et vous avez raison! Vous méritez ce qu’il y a de mieux, et justement, vous l’avez déjà! Ne vous méprenez pas, si votre sac à main tombe en lambeaux, vous devez en acheter un nouveau, immédiatement même avant que votre réputation n’en soit affectée. Mais je suis certaine que ce n’est pas le cas. N’est-ce pas?

Voici quelques astuces afin d’atteindre, en douceur, la sérénité minimaliste :

  • Séparez-vous des objets que vous possédez en double, ils sont inutiles.
  • Donnez tous les vêtements que vous n’avez pas portés au moins une fois dans la dernière année ou plus; il y a peu de chance que vous les portiez cette année.
  • Offrez les bijoux/accessoires que vous ne portez plus; vos amies seront ravies de votre générosité.
  • Vendez les meubles que vous gardez dans le garage; faites-vous un peu d’argent, c’est toujours agréable.
  • Jetez les maquillages trop vieux ou abimés. Ils peuvent devenir nocifs pour votre santé!
  • Lorsqu’un nouvel objet entre dans la maison, sortez-en deux!
  • Arrêtez d’acheter les mêmes choses! Vous avez déjà trois pantalons noirs et quatre jupes grises. Un seul exemplaire de chaque suffit!
  • Rangez au fur et à mesure. Vous serez ainsi assuré que l’objet a une place qui lui est propre.
  • Pensez recyclage/don/échange.

Au début, cette pratique ira contre vos principes. Mais lorsque vous aurez tourné le dos à l’achat impulsif, vous vous rendrez rapidement compte que l’espace autour de vous est plus zen, moins encombré. Cela ne vous empêche absolument pas de vous faire plaisir, mais modérément et en pensant toujours : « Une chose entre, deux autres sortent ». Non, une paire de chaussures compte pour une chose!

Avec un peu de pratique et de persévérance, vous parviendrez à rejoindre le mouvement minimaliste et à consommer différemment et de façon plus constructive.

Et en attendant d’y parvenir, voici quelques idées de lectures :

  • Dominique Loreau, « L’art de la simplicité », éd. Marabout, 2007
  • Dominique Loreau, « 99 objets nécessaires et suffisants », éd. Flammarion, 2011
  • Alice Le Guiffant, Laurence Paré, « L’art du désencombrement : se libérer de l’inutile pour vivre plus léger », éd. Jouvence, 2009
Sandrine Chabert
Rédactrice du blogue Mon atelier beauté
Coordonnatrice bénévole de l’Association Slow Cosmétique pour le Québec
Enseignante en formation professionnelle
www.monatelierbeaute.com
www.slow-cosmetique.org/

 





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