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Le 12 mai 2016 - 15:32  | Judith Plamondon | Paru dans Homme Édition Printemps 2016
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La légalisation du pot en 5 points

La légalisation du pot en 5 points

Les libéraux de Justin Trudeau avaient promis de légaliser la marijuana en campagne électorale. Maintenant qu’ils dirigent le Canada, ils ont bien l’intention d’aller de l’avant avec cet engagement. D’ici à ce qu’on puisse s’acheter du pot en toute légalité au coin de la rue, voici tout ce qu’il faut savoir sur le projet du premier ministre canadien.

Un ex-policier à la tête du dossier
Justin Trudeau a en effet réitéré durant son discours du Trône, en décembre dernier, que la légalisation de la marijuana récréative faisait partie des objectifs de son gouvernement. En janvier, le premier ministre a annoncé que ce serait le député libéral Bill Blair, un ancien chef de la police de Toronto, qui piloterait ce dossier. Des activistes ont toutefois dénoncé le choix de Trudeau de confier ce mandat à un ancien policier. Les forces de l’ordre sont reconnues pour être des championnes de la prohibition du cannabis, déplorent-ils.

Long processus
Ce n’est pas demain la veille qu’on pourra s’acheter un joint en toute légalité au Canada. Le processus qui mènera à cette légalisation s’annonce long. La première étape consiste à former un comité comprenant des membres issus des gouvernements de toutes les provinces et territoires du pays. Une fois ce comité mis en place, il entreprendra une série de consultations avec des experts en santé publique, en toxicomanie et en sécurité. 

C’est avec les membres de ce comité que le député Bill Blair élaborera le cadre législatif entourant la légalisation de la marijuana. Car les lois qui encadrent la vente du pot varient grandement d’un territoire à l’autre. Au Colorado, par exemple, il faut être âgé de plus de 21 ans pour acheter du cannabis. Les résidents peuvent se procurer jusqu’à 28 grammes par transaction, tandis que les touristes sont limités à 7 grammes.

Du cannabis à la SAQ ?
Des experts ont évoqué la possibilité que le cannabis récréatif soit vendu dans les succursales de la SAQ. Le syndicat des employés s’est d’ailleurs montré ouvert à cette option. Aura-t-on un jour des pastilles de goût associées à des produits du cannabis ? C’est à suivre !

Ailleurs au pays, l’idée de vendre du cannabis dans les magasins réservés à l’alcool fait aussi son chemin. En Colombie-Britannique, l’Association des magasins privés d’alcool réclame le monopole de la vente de marijuana. Le syndicat des employés de la LCBO, en Ontario, s’est aussi prononcé en faveur de cette option.

Légalisation, décriminalisation ou prohibition
Pour bien comprendre le projet de Justin Trudeau, il faut distinguer « décriminalisation » et « légalisation ». Dans le cas d’une décriminalisation, la substance demeure interdite, mais elle entraine de simples amendes plutôt que des accusations criminelles.

Les libéraux de Justin Trudeau souhaitent aller bien plus loin. En légalisant le pot, le gouvernement permettra aux Canadiens de fumer ou cuisiner le cannabis et ses dérivés, pour des raisons médicales ou simplement pour le plaisir. Comme la cigarette et l’alcool, la production et la vente du cannabis seront encadrées par l’État.

Durant leur décennie au pouvoir, les conservateurs de Stephan Harper étaient opposés à toutes formes de légalisation ou décriminalisation. Ils prônaient pour leur part la voie de la prohibition.

Ailleurs dans le monde
Depuis quelques années, on assiste à une vague de légalisation du cannabis à l’échelle mondiale. L’Uruguay a franchi ce pas en 2013. Plus encore, elle a même nationalisé sa production et sa distribution. C’est donc l’État qui encaisse tous les revenus engendrés par la vente du cannabis. Du côté de nos voisins du Sud, quatre États américains ont légalisé le cannabis, soit l’État de Washington, le Colorado, l’Oregon, l’Alaska, en plus de la capitale, Washington D.C.

Contrairement à la croyance populaire, les Pays-Bas n’ont pas légalisé la consommation et la vente de marijuana, mais les autorités la tolèrent en petite quantité. Même chose pour l’Espagne et le Portugal.

Judith Plamondon





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