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Voyage

Le 12 mai 2016 - 15:16  | Judith Plamondon | Paru dans Homme Édition Printemps 2016
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Le Québec spécialiste du luxe en forêt

Le Québec spécialiste du luxe en forêt

La France a ses Vuitton, l’Allemagne ses Volkswagen, l’Italie ses Gucci… Et le Québec ? Sa forêt boréale ! Si la Belle Province n’est pas reconnue pour ses produits de luxe, elle a mis les bouchées doubles pour se distinguer auprès d’Américains et Européens fortunés en quête d’expériences inédites de plein air et d’aventures.

Pêche au saumon, chasse au caribou, à l’ours noir ou encore au cerf de l’île d’Anticosti : le Québec regorge d’activités qui font le plaisir des amateurs de grands espaces bien nantis. L’industrie génère à elle seule près de 110 millions de dollars par année. 

Selon la Fédération des pourvoyeurs, les établissements travaillent fort pour satisfaire cette clientèle sélecte. « Ils vont chercher des chefs de grands restaurants, ils rénovent les chalets. Ce n’est plus seulement de la chasse qu’ils offrent, mais de véritables expériences de confort et de gastronomie », indique M. Duchaine.

On compte 615 pourvoiries au Québec en 2016, dont une quarantaine d’établissements cinq étoiles.

Le repère des stars et politiciens
Chaque année, des PDG de multinationales, politiciens et stars séjournent dans le Camp Bonaventure, l’une des pourvoiries de pêche au saumon parmi les plus luxueuses de la province. Propriétaire de l’établissement gaspésien depuis 1993, Glenn Legrand s’est d’ailleurs fait un point d’honneur de ne pas dévoiler leurs noms.

S’il est tenu au secret sur les identités de ses clients, il ne cache pas leur nationalité : Américains, Russes, et récemment même Israéliens. « Près de 75 % de notre clientèle est étrangère, dit-il. Le Québec est très réputé pour la pêche au saumon d’Atlantique. C’est ici que nous avons les rivières les plus claires au monde. »

Pour leur offrir tout le confort possible, il pense au moindre détail : des chocolats sur les oreillers chaque matin jusqu’au DVD de photos que l’on envoie à la fin du séjour.

Le propriétaire doit aussi répondre à tous les caprices de ses protégés. « Des Américains m’ont réclamé des cigares Cohiba, une fois. Ce sont des cigares cubains qui valent 1 000 $ la boîte, se rappelle-t-il en riant. Heureusement que l’on connaît du monde. On a réussi à les obtenir. »

Le luxe dans le Grand Nord
Si certains touristes se rendent dans des pourvoiries luxueuses avec tout le confort d’un Hyatt, d’autres délaissent avec plaisir les 5 étoiles pour se lancer dans l’aventure du Grand Nord québécois et
poser le pied sur des territoires encore vierges.

« Les gens qui voyagent dans le Grand Nord dépensent beaucoup d’argent pour venir. Mais ils cherchent avant tout l’aventure à la rough. Ils n’hésitent pas à troquer le confort pour la grandeur
des paysages », constate Isabelle Dubois de l’Association touristique du Nunavik.

Pourtant, les prix sont encore plus élevés que dans les pourvoiries. Un séjour d’une semaine peut coûter plus de 7 000 $, notamment en raison du prix des billets d’avion, selon Aventures Inuit, une coopérative qui organise des voyages au profit de la communauté inuite. Parmi les excursions les plus populaires: profiter des plus grandes marées au monde pour partir observer les ours polaires en canot.

Là encore, la clientèle internationale domine. « Ce sont principalement des professionnels: des avocats, des médecins d’Europe et des États-Unis, indique Sean McDonagh, d’Aventures Inuit. Ils sont aussi intéressés par la culture locale que par les paysages et la faune. »

Lui aussi doit composer avec des demandes parfois atypiques. « On m’a demandé d’organiser une activité de chasse au morse, mais j’ai refusé, car c’était trop dangereux », dit-il.

L’organisme accommode pour l’instant de 80 à 100 touristes par année. Mais la demande est grandissante pour découvrir les splendeurs du Nunavik, assure Isabelle Dubois. « Avec le fameux Plan Nord, ça a fait boule de neige, dit-elle. Et c’est sûr que le réchauffement climatique a créé un sentiment d’urgence. »

Judith Plamondon





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