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Publié dans Mieux-Être

Le 10 mai 2016 - 15:22  | Noémie Crépeau | Paru dans Mieux-Être Édition 80
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Le pranayama, une expérience subtile du yoga

Le pranayama, une expérience subtile du yoga

Prenez-vous parfois conscience que vous respirez ? Allez-vous même jusqu’à accompagner votre respiration par moments ? La plupart d’entre nous oublient notre souffle et pourtant, il est le tremplin de notre vitalité.

Lors de nos débuts en Yoga, c’est généralement l’accent mis sur la respiration qui rend la pratique physique si différente des autres formes d’exercices. On découvre ensuite que c’est le meilleur moyen de faire l’expérience des dimensions plus subtiles du Yoga qui mène vers la maîtrise de l’esprit et de l’énergie vitale.

La pratique du Pranayama, qui permet la maîtrise du souffle, est l’une des huit dimensions de l’expérience du Yoga, tel que le mentionnent les Yoga Sutras de Pantanjali, oeuvre phare de la tradition. Si ces dimensions sont un chemin vers la réalisation pour les Yogis, elles peuvent aussi mener vers une plus grande harmonie pour tous.

Un des premiers buts du Yoga et du Pranayama est de retourner vers une respiration harmonieuse équilibrée, sans secousse, sans à-coups, sans pression.

Ce n’est pas chose aisée, car maîtriser la respiration, c’est comme dompter un lion. Avez-vous déjà tenté la chose ? Beaucoup de patience et de délicatesse sont de mise, sinon le souffle se rebiffe avec la même force que l’animal sauvage. Il faut y aller progressivement.

Qu’est-ce que le Prana ?
Pranayama veut dire contrôle ou maitrise (Yama) de l’énergie (Prana). La tradition yogique affirme depuis des millénaires que cette énergie en mouvement sous-tend le fonctionnement de tous les systèmes du corps. Sans Prana, il n’y a donc pas de vie. Ainsi, à notre mort, après que tous les organes aient cessé leurs activités, le Prana se retire enfin, lors de notre dernier souffle. 

Cette énergie vitale circule par 72 000 canaux, appelés Nadis, comme l’ont recensé des Yogis très avancés, il y a des millénaires. Ces ramifications de canaux s’apparentent aux circuits des veines (avec des artères principales et secondaires), mais ils restent subtils. Invisibles, ils se confirment par l’expérience, par le ressenti. Ce sont les méridiens avec lesquels travaillent les ostéopathes. En médecine chinoise, le Prana est nommé le Chi. Du côté de la science occidentale, le Prana peine à trouver sa place et reste pour beaucoup fantomatique, inodore, incolore, insaisissable.

Les Upanisads, premiers écrits sur la tradition du Yoga, affirment qu’en plus du corps physique, qui est fait de matière, il y en a un autre, un soi intérieur constitué d’énergie vitale de laquelle le corps physique est rempli. Tout comme le corps de chair, ce soi « pranique » a la forme d’une personne, on l’appelle Pranamaya kosha.

Dans la tradition du Yoga, on distingue le Prana individuel du Prana universel. Si le Prana sous-tend les activités de notre corps, il supporte également le fonctionnement de toute la vie terrestre, voire cosmique. Si nous sommes nés avec une certaine quantité de ce souffle de vie, il fluctue entre autres en fonction de notre environnement et de notre mode de vie : de l’air que l’on respire, de la nourriture que l’on mange, etc.

Du Prana au Pranayama
Le souffle est la manifestation externe du Prana, sa dimension visible. Si ce n’est pas tout de suite évident, le travail du souffle nous permet de faire l’expérience du Prana. C’est ce que l’on appelle Prana Vidya. Ce travail est un pont vers une forme d’expérience intérieure, par laquelle nous découvrons les mouvements de notre énergie vitale.

Par le Pranayama, on travaille à éveiller, à développer et à accumuler cette énergie vitale en soi-même, sa qualité peut-être raffinée et dirigée. Si la vie quotidienne nous amène facilement à nous disperser, les techniques de respiration favorisent la condensation du Prana près de soi. Cette accumulation d’énergie vitale permet de rayonner force, santé et vitalité. Si les techniques sont utilisées
correctement, l’impact est perceptible au niveau du mental comme au niveau physique, cela permet de résorber certaines maladies, d’accroître nos capacités, notre efficacité et notre volonté.

Grâce au Pranayama, nombreux sont ceux qui découvrent de nouvelles sensations et de plus fines perceptions. Certains vont être étonnés de ressentir leurs pieds avec autant d’acuité, d’autres vont découvrir avec joies les subtilités du plancher pelvien, par exemple. Lorsque le Prana circule difficilement, nos sensations sont limitées et, pour le commun des mortels, c’est le cas. 

Un autre résultat de la conscience du Prana est la maîtrise du mental. En développant votre sensibilité à votre énergie vitale, vous devenez plus attentif aux forces subtiles de l’esprit qui apparaissent sous les formes de pensées, de sensations, d’émotions, d’impressions, de symboles et de savoirs.

Les étapes du Pranayama
La première étape du Pranayama commence lorsque le souffle et l’attention se rencontrent. Grâce à votre attention, vous suivez et ressentez le mouvement du souffle dans votre corps physique.

Par exemple, la respiration abdominale est la plus connue et la plus simple des pranayamas : à l’inspiration le ventre se gonfle et à l’expiration, le nombril s’enfonce avec douceur, favorisant la sortie de l’air.

La seconde étape implique le Prana. C’est un nouveau degré d’expérience, elle n’efface pas les sensations physiques, mais ajoute une nouvelle couche de perception, plus subtile, plus raffinée, moins évidente.

En réalisant la technique de respiration abdominale, qui est d’abord physique, vous pouvez commencer à suivre le mouvement du souffle dans votre corps.

  • Lorsque vous inspirez, ressentez l’air qui glisse dans la trachée, gonfle vos poumons et descend jusque dans votre ventre, peut-être même jusqu’au creux des hanches.
  • Lorsque vous expirez, le mouvement de l’air remonte du creux des hanches en enfonçant le nombril, vers les poumons jusqu’aux narines.

En réalité, votre attention, si elle suit le mouvement de l’air au début, finit par suivre le mouvement du Prana qu’induit la respiration. Ce mouvement du Prana est supporté, accompagné, renforcé et guidé par votre attention. Au début, il peut être utile d’imaginer ce mouvement, s’il est difficile à ressentir.

C’est la seconde étape du Pranayama, le passage de l’attention à ce qui est évident à ce qui est subtil.

Pour aller plus loin
Imaginez intégrer l’expérience de la respiration et du Prana, dans une posture de Yoga. Les degrés d’expérience se superposent, vous ressentez à la fois les mouvements du corps, du souffle et de l’énergie vitale. Vous apprenez à maîtriser autant les dimensions visibles qu’invisibles de la pratique du Yoga. Le Pranayama est le chemin le plus facile vers la méditation, royaume de l’invisible.

Noémie Crépeau
Yogalavie.com
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