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Le 26 février 2016 - 13:09  | David Riendeau | Paru dans Homme Édition Hiver 2016
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En selle pour l'hiver

En selle pour l'hiver

Vous les avez sûrement croisés dans un sous-bois, casque vissé sur la tête, le corps penché sur leur vélo aux larges roues, dévalant une pente enneigée. Si les amateurs de fatbike faisaient figure d’originaux voilà quelques années, cette discipline s’est vite taillé une place sur les sentiers du Québec comme alternative à la raquette. Petit guide pour s’initier à une passion hivernale qui garde au chaud.

Dans l’esprit de plusieurs, la tombée des premiers flocons de neige signifie qu’il faut remiser son vélo jusqu’au printemps. Pour Nicolas Legault, c’est l’occasion de sortir son fatbike. « Je ne passe plus un hiver sans l’essayer. Quand tu entres dans le bois et que la piste est fraîchement tapée, c’est de toute beauté. »

Le directeur général du Centre national de cyclisme de Bromont (CNCB) se souvient de la première fois qu’il a essayé cette bicyclette adaptée aux rigueurs de l’hiver. « Mon voisin, qui est ambassadeur d’une marque, m’a prêté son vélo voilà quelques années. J’ai eu l’impression de voler sur la neige ! »

Le CNCB accueille depuis 2012 une course de fatbike. « La réaction du public a été très positive. Les gens voulaient l’essayer. Nous avons donc tapé à la pelle un circuit d’essai de 3 kilomètres », raconte Nicolas. Cet hiver, les amateurs qui se rendent à Bromont auront désormais la possibilité de jouer sur un parcours cinq fois plus long, damé à la motoneige cette fois-ci.

Sport d’endurance

Rouler en fatbike n’est pas plus compliqué que de circuler l’été sur des sentiers tout-terrain, à quelques différences près, assure Christian Gauvin, coureur de l’équipe Rocky Mountain/Procycle. « Les pistes deviennent plus glissantes l’hiver. On doit être doux sur les pédales, tout en travaillant l’équilibre du corps. Après une heure de fatbike, on ressent une bonne fatigue ! »

Malgré ces nuances, le vélo d’hiver demeure une discipline accessible, explique Christian. « Éventuellement, le débutant peut apprendre des techniques de dérapage s’il veut aller plus vite. Essayer le fatbike, c’est l’adopter. »

Pour ce spécialiste des raids, le fatbike constitue une préparation idéale durant la saison froide en vue des courses d’endurance qui s’étirent sur plusieurs étapes dans l’arrière-pays. « Auparavant, je devais me rendre en Arizona ou à Cuba pour continuer mon entraînement extérieur et rivaliser avec les coureurs qui vivent dans le Sud. Maintenant, je peux m’exercer ici. En rentrant du travail, je mets ma lampe frontale, je sors mon vélo et c’est parti. La sensation d’être seul dans le bois à la nuit tombée est magique. »

Faire boule de neige

Nicolas Legault croit que cette discipline fera davantage d’adeptes au Québec dans un proche avenir. « Le fatbike va continuer à prendre de l’ampleur. On le constate avec l’achalandage des courses. Et les carnets de commandes des boutiques se sont vite remplis cet hiver. »

Christian Gauvin abonde dans le même sens. Il constate un changement dans les mentalités autour de la pratique du vélo. « Les gens ne voient plus seulement le vélo comme un simple loisir qu’on fait le dimanche. C’est devenu pour plusieurs un mode de transport, parfois un mode de vie. Ces personnes veulent prolonger leur saison même s’il fait froid. »

Grosses roues, mais faible pression

Le fatbike est apparu aux États-Unis dans les années 1980 quand des cyclistes ont fixé ensemble trois jantes de vélo de montagne pour « flotter » sur la neige. Le « gros vélo » se caractérise par des roues larges de 3 à 5 pouces. Un bon pneu d’hiver doit également être muni de crampons capables de monter et de descendre les pentes. Enfin, la pression des chambres à air est très faible pour favoriser l’adhérence et agir comme suspension.

Par où commencer ?

Disponibles dans la plupart des boutiques spécialisées : les vélos de neige se détaillent entre 900 et 3 000 $. Si votre cabanon ressemble à un mini-­entrepôt de bicyclettes, la location s’avère une solution pratique. Attention, les petits malins qui veulent utiliser leur vélo de montagne sont priés de se faire une raison. Non seulement ils vont caller dans la neige, mais ils endommageront les pistes, souvent entretenues par des bénévoles.

Destinations fatbike

  • Sentiers du Moulin, Lac-Beauport | Centre de vélo de montagne le panoramique, Chicoutimi
  • Club Tobo-ski, Saint-Félicien | Parc du Mont-Bellevue, Sherbrooke
  • Parc national d’Oka, Oka | Plein-air Saint-Adèle, Saint-Adèle | Stowe, Vermont




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