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Le 31 juillet 2015 - 09:23  | David Riendeau
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Dompter les rapides

Dompter les rapides

Que ce soit au milieu de la forêt boréale ou à l’ombre des gratte-ciels, les sports en eau vive constituent un remède rafraichissant à la monotonie du quotidien. Gros plan sur une passion qui est tout sauf un long fleuve tranquille.

Mes sens en alerte, mes mains cramponnées à la pagaie, j’entends le rugissement distinctif des rapides. Notre canot pneumatique avance vers les eaux blanches. Impossible de faire demi-tour ! Derrière nous, la voix de notre guide surpasse la clameur de la rivière. « En d’dans », s’époumone-t-il! Nous nous précipitons tous à l’intérieur de l’embarcation. Ça brasse ! J’ai l’impression de recevoir le contenu d’une baignoire en plein visage. En ouvrant les yeux, je découvre que mes chums sont sains et saufs. Je respire à nouveau. La rivière Rouge venait de gagner un adepte de plus.

Gilles Talbot baigne dans cet univers depuis l’adolescence. « J’avais 14 ans quand j’ai fait ma première descente de la Rouge. Mettons que l’eau était froide ! » Sa passion l’anime tellement qu’un jour, il décide de laisser derrière lui un emploi d’ingénieur pour acheter Rafting Nouveau Monde, qui propose des expéditions sur ce cours d’eau de l’Outaouais.

« J’ai fait du rafting à travers le monde, et peu de rivières ont les mêmes caractéristiques que la Rouge », témoigne Gilles Talbot. Les dix derniers kilomètres de son parcours de 161 km à travers le Bouclier canadien attirent depuis des décennies des milliers d’amateurs de sensations fortes. « La rivière Rouge possède de gros niveaux de rapides et de faibles probabilités d’accident, ce qui en fait un excellent endroit pour le rafting », explique-t-il.

À l’approche d’un rapide, les participants ressentent un mélange de peur et d’excitation, confie Gilles. « À la première vague, ils crient, car ils arrivent avec l’idée que le rafting est un sport très extrême. Pour moi, voir leur visage lorsqu’ils viennent de passer un rapide est ce qui me motive après 20 ans d’expérience. »

La saison de rafting comporte deux vagues. De la fin avril au début juin, la fonte des neiges fait monter le niveau des rivières, donnant de plus grandes sensations aux participants. Plus tard dans la saison, jusqu’à la fin septembre, les amateurs recherchent un certain niveau d’adrénaline, mais veulent surtout vivre une activité de groupe, observe Gilles Talbot. « La possibilité de passer tout le week-end ici en profitant de nos installations donne une plus--value à l’activité. »

Apprivoiser le courant
« Avec le kayak, on ressent toujours les papillons dans le ventre à l’approche des rapides, reconnait Hugo Lavictoire, directeur général et moniteur en chef de Kayak Sans Frontières. Les battements du cœur s’accélèrent, l’adrénaline nous met en situation d’alerte. Tout au long de notre parcours sportif, on est à la recherche de ces papillons que ce soit la petite rivière du début jusqu’au cours d’eau au gros débit. »

Contrairement au rafting, où les participants suivent les instructions d’un guide, le kayak de rivière est une discipline individuelle. Pour éviter de boire la grande tasse, l’amateur doit posséder un certain niveau d’expérience.

Depuis 1995, KSF forme la relève autour de l’île de Montréal. Hugo Lavictoire recommande fortement aux débutants de pratiquer tout d’abord en eau calme. « Disons que le kayak est plus difficile au niveau technique que le soccer, lance-t-il. Le danger, c’est de descendre une rivière sans être prêt. On risque de se blesser et d’en ressortir traumatisé. »

Après avoir été familiarisés à l’équipement, les participants apprennent à faire le dessalage. « C’est l’art de revenir à la surface lorsqu’on a la tête à l’envers », traduit Hugo. Les techniques de pagaie, la récupération en équipe, les appuis et l’esquimautage – la capacité de se ramener à la surface d’un savant coup de hanche –, autant de notions que devront apprendre les futurs kayakistes, qui au terme d’une première journée de cours, pourront jouer dans un cours d’eau en mouvement. Leur formation complétée, ils seront en mesure d’affronter les rapides de Lachine.

Rafting Nouveau Monde: http://www.newworld.ca/
Kayak Sans Frontières: http://ksf.ca/

SUP, surf de rivière et tous les autres
Les amateurs de kayak et de rafting doivent désormais partager les rivières avec le surf et le Stand Up Paddle board (SUP) qui gagnent en popularité. Dans la région de Montréal, KSF donne des cours d’initiation à ces deux disciplines. Beau temps, mauvais temps, les amateurs de planche pourront aussi enfiler leur maillot à l’Oasis Surf, un complexe intérieur dans le quartier DIX30 de ­Brossard. Une piscine de 36 x 67 pieds permet de recréer les vagues d’un océan ou d’une rivière.

David Riendeau





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