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Voyage

Le 29 avril 2015 - 09:58  | David Riendeau
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Bolivie terre d'aventures

Bolivie terre d'aventures

Pour le voyageur en quête de grands espaces
et d’émotions fortes,
la Bolivie est un véritable paradis.

1
La Paz – Coroico : 
la route de tous les dangers.

Le moteur de notre minifourgonnette fait un bruit d’enfer. Nous grimpons depuis presque deux heures dans les montagnes au nord-est de La Paz. C’est tout juste si on distingue le bout du nez des sept autres passagers, des Français et des -Sudaméricains, emmitouflés en cette matinée au froid -mordant. Et il n’y a pas que la rude température qui nous fait claquer des dents, car dans quelques minutes, nous dévalerons el camino de la muerte. Traduction : le chemin de la mort.

Ce tronçon de 63 kilomètres qui sépare la capitale de la région des Yungas est tristement réputé pour être l’une des routes les plus dangereuses au monde. Son dénivelé de 3 000 mètres, ses étroits passages et ses courbes -serrées à flanc de montagne sont à l’origine de nombreux -accidents mortels. Le brouillard, les pluies torrentielles et les éboulements font de ce chemin un redoutable parcours à emprunter.

Nos guides nous invitent à descendre de voiture. De sombres montagnes couvertes de neige ceinturent la Cumbre, le point culminant de la route depuis lequel nous entamerons notre descente, à quelque 4 700 mètres d’altitude. Nous enfilons combinaison et équipement protecteur.

Les risques ne viennent pas seulement du parcours accidenté, mais aussi de chacun des participants, nous prévient notre guide Juan. Il faudra descendre en file indienne, à une bonne distance des autres. À la vitesse à laquelle nous dévalerons les pentes, le moindre accident s’avérerait dramatique. Une fine pluie glaciale s’abat sur nos têtes. La tension monte. J’en remarque quelques-uns qui tapent du pied. Il est trop tard pour reculer.

L’un après l’autre, nous nous élançons sur le chemin de la mort. Inconscients ou fous ? Peut-être les deux à la fois. Le danger du circuit n’a d’égal que la beauté des paysages qui se transforment à vue d’œil. Une profonde et mystérieuse vallée tropicale peuplée de perroquets succède à de majestueuses montagnes prisonnières des brumes. Gare à ceux qui détournent trop longtemps les yeux de la route. Elle est si étroite par endroits qu’elle suffit à peine pour laisser passer un seul véhicule. Malgré quelques frousses, nous sommes tous arrivés à Coroico en un seul morceau.

 

La Paz
Ville vertigineuse.
www.urbanrushbolivia.com
Bâtie à 3 600 mètres d’altitude et entourée de majestueuses cordillères, La Paz est par définition une ville qui donne le vertige.
Ceux à qui ses rues pentues et tortueuses n’auront pas coupé le souffle voudront jouer à Spider-Man dans le centre-ville. La compagnie Urban Rush propose des sauts en rappel du haut d’un édifice de 17 étages. Sueurs froides garanties aux amateurs de sensations fortes. Pour admirer la capitale à vue d’oiseau, les visiteurs iront plutôt du côté du tout nouveau téléphérique. Inauguré en 2014, le réseau qui compte trois lignes permet de relier le centre aux quartiers populaires d’El Alto. Un mirador au deuxième étage de la station 16 de Julio donne une vue imprenable sur la cité et sur le mont Illimani (6 460 m.).
 

2
Copacabana – Isla del Sol 
Le lac aux mille énigmes.

À Copacabana, un grand magnétisme se dégage des rives du lac Titicaca. Nature, mysticisme et histoire convergent en ce lieu de

pèlerinage baigné de lumière.
Depuis le XVIe siècle, des fidèles de toute la Bolivie et du Pérou convergent pour rendre hommage à la Vierge de la Candelaria. De nos jours, les croyants ont coutume de décorer leur voiture de fleurs. Une fois parvenus à Copacabana, ils gravissent un calvaire érigé sur un rocher qui domine la baie. Un shaman les attend au sommet où se déroulera un rituel, fruit du métissage entre la religion catholique apportée par les Espagnols et les croyances indigènes millénaires. Les pèlerins lui présentent des miniatures de maison, de voiture ou de liasses de billets qui représentent les faveurs qu’ils souhaitent obtenir de la Vierge. En échange, ils apportent bière, feuilles de coca et fleurs en offrande.

Au-delà des rives de Copacabana, les 36 îles du lac sacré des Incas recèlent un grand nombre d’énigmes à commencer par la supposée existence d’une civilisation perdue. Alimentée par certaines légendes locales, cette hypothèse a été supportée par la découverte de vestiges submergés au cours des dernières décennies.

La première expédition scientifique remonte à 1903. Le commandant Cousteau a tenté de trouver les vestiges d’une version andine de l’Atlantide dans les profondeurs du Titicaca en 1976, en vain. Toutefois, la découverte en l’an 2000 des vestiges d’un temple préinca sur une île submergée relance les espoirs de percer ce mystère. Les traces d’un temple de 250 mètres de long sur 50 mètres remonteraient à la civilisation Tiwanaku (1 500 av. J.-C. à environ l’an 1 000). Cette civilisation aurait disparu lors d’une brusque élévation du niveau des eaux.

En attendant que l’histoire révèle ses secrets, les visiteurs ont tout intérêt à prendre le bateau vers la Isla del Sol, berceau des peuples incas, aymara et uro. Une randonnée sur l’île est le début d’un merveilleux voyage dans le passé. De nombreuses ruines, comme le labyrinthe de la Chinkana ou le palais de Pilkokaina témoignent d’une époque autrefois prospère.

 

3
Uyuni
excursion sur une autre planète.

Impossible de séjourner en Bolivie sans visiter les splendeurs de la province de Potosí, à l’extrême sud du pays. Les voyageurs du monde entier se donnent rendez-vous dans l’immense désert de sel d’Uyuni.

Après un passage obligé au marché d’artisanats, nous avançons vers la vaste plaine désertique de 2 000 kilomètres de superficie. Devant tant de beauté, les réactions sont diverses, selon la nature de chacun. Les contemplatifs n’osent pas hausser la parole alors qu’ils ont la sensation de flotter. Les agités font des cabrioles, sautent partout et retombent en enfance. Au terme de cette journée chargée d’émerveillement, les visiteurs passent la nuit dans un hôtel construit en blocs de sel.

Le lendemain, nous partons en expédition vers le sud. Depuis les hauts plateaux andins que parcourent librement les troupeaux de lamas et de vigognes, la route traverse une vallée désertique tourmentée par les vents. Partout où l’œil se pose, d’immenses rochers se dressent du sol, tels des géants pétrifiés.

À mesure que nous progressons, nous avons l’impression d’arriver sur une autre planète. La géographie de ce territoire est accidentée et surprenante. Au pied de cimes enneigées et de volcans reposent des lagunes aux coloris incertains, peuplées de flamands et de mouettes.
Peu avant la tombée du jour, nous atteignons la Réserve nationale Eduardo Avaroa, collée aux frontières chiliennes et argentines. De petites grappes de visiteurs contemplent la Laguna colorada, aux eaux de rouille, avant de dormir quelques heures dans un gîte rustique.

Nous reprenons la route alors qu’il fait toujours nuit. Alors que le soleil se lève derrière les montagnes, une odeur de soufre nous assaille les narines. À l’intérieur d’une large cuve au décor lunaire, des panaches de fumée s’élèvent dans le ciel. La vue de ces puissants geysers aux aurores est un spectacle saisissant qui laissera un souvenir indélébile aux visiteurs.





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