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Le 15 avril 2015 - 09:57
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Jean-François Breau se confie à Homme

Jean-François Breau se confie à Homme

Un air de folk


Il y a de ces mots à qui on trouve spontanément le complément. Vous dites vanille ? Je dis chocolat. Le Ying ? Le Yang… Marie-Ève ? Jean-François, évidemment ! C’est notre couple québécois adoré, notre « Brangelina » bien à nous. Normal, c’est sous nos yeux que la romance s’est écrite. Lui en Don Juan, elle en Maria. Aujourd’hui, ils nous offrent un nouvel album surprenant et tiennent la barre du plus grand rendez-vous du vendredi soir.

Retour en enfance
Après avoir vendu plus de 150 000 exemplaires de leurs trois précédents albums, Jean-François et Marie-Ève nous proposent Libre, un disque sur le thème de l’enfance, résolument différent de ce à quoi on a été habitué. « On est sorti de notre zone de confort dans l’interprétation des chansons, explique Jean-François. Cette fois-ci, on est plus dans l’émotion que dans le divertissement. » Cela se ressent à travers une sonorité folk prononcée et des textes originaux. Exit les reprises ! « On a toujours été assez folk dans nos choix de chansons originales. Mais on n’a jamais été trop loin dans ces influences. Je pense que pour le public, c’est la première fois qu’il va nous entendre  aller si loin dans cet univers, raconte Jean-François. Et cet album, c’est aussi une belle occasion de chanter des textes et des mélodies de nos amis, des auteurs-compositeurs qu’on aime beaucoup. Vincent Vallières, Marie-Ève et moi on l’admire. Zachary Richard, j’ai toujours voulu chanter ses paroles et sa musique ! » Un thème de l’enfance qui a également inspiré Michel Rivard, Diane Tell, Alex Nevsky ou encore Ingrid St-Pierre et qui replonge le chanteur dans ses souvenirs.


Petit, Jean-François était curieux, se remémore-t-il. « Mes parents m’ont toujours dit que la curiosité est une forme d’intelligence, mais ça m’a aussi emmené à faire des gaffes une fois de temps en temps. J’étais celui qui allait toujours explorer un petit peu trop loin. Donc, je me mettais le nez ou je n’avais souvent pas d’affaires. Je cassais des choses qui ne devaient pas être touchées… » Ainé d’une famille de trois garçons, Jean-François a grandi au Nouveau-Brunswick, dans la péninsule acadienne de Tracadie-Sheila. « J’ai grandi entouré d’amis, dans un cul-de-sac avec mes cousins et mes cousines. Mes parents nous ont rempli la tête de voyages et de musique. J’ai vécu une enfance très musicale. » Et même si Jean-François ne s’imaginait pas pousser la chansonnette sur une scène lorsqu’il serait grand, il avoue avoir rêvé de célébrité. « J’essayais de rabouter quelques mots d’anglais, sans savoir le parler, et je me passais moi-même en entrevue avec des mots qui ne faisaient aucun sens ! Je prétendais être une vedette américaine au cinéma. Je rêvais d’être Brad Pitt ! », raconte-t-il en rigolant.


Il n’est peut-être pas Brad Pitt, quoique vos femmes vous diront sans doute le contraire, mais Jean-François a roulé sa bosse pour devenir l’artiste accompli qu’il est aujourd’hui. Il fait la tournée des concours régionaux à la fin de la décennie 90 et remporte le Gala de la chanson de Caraquet, le Festival de la chanson en fête de Saint-Ambroise et le Festival international de la chanson de Granby, rien de moins! C’est avec ses titres en poche que Jean-François sort de l’anonymat.


De la scène à la télé
Le parcours de Jean-François Breau le mènera aussi à camper un nouveau rôle, celui de coach dans l’émission Un air de famille, diffusée à Radio-Canada. Un défi que le chanteur avait envie de relever. « Un air de famille est un show qui m’a beaucoup surpris et appris. Je joignais l’équipe en tant que coach, pour donner des outils et enseigner un peu le métier de la scène à des amateurs. Mais en même temps, avec Bruno Pelletier et Johanne Blouin, on s’est rendu compte qu’on apprenait presque autant que ces familles ! Ça nous fait revisiter notre métier et refaire le bilan de nos outils. Je constate qu’on tombe souvent dans la compétition dans ce milieu et c’est facile de perdre de vue les objectifs du départ. De côtoyer des gens qui chantent juste pour le plaisir, ça ramène les valeurs à la bonne place. »


Cette première expérience télévisuelle ne restera pas sans suite. Alors que Jean-François est de retour sur scène pour réinterpréter Don Juan en compagnie de sa douce, Louis Morissette est au bout du fil avec une proposition plus qu’alléchante… tenir la barre du plus grand rendez-vous du vendredi soir, et cette fois-ci en tandem. Une émission à la Sonny and Cher, un rêve pour le couple. « C’est ma toune est le projet qui m’emballe le plus en ce moment ! Cette émission regroupe tout ce que j’aime. On est dans un univers très musical et on fait la fête avec plein d’artistes qu’on connait ! On présente la relève, mais on invite aussi des artistes établis sur qui Marie-Ève et moi avons tripé dans notre jeunesse. Et l’ambiance du studio 42, avec 500 personnes en feu, est survoltée ! On se croirait au Centre Bell à un spectacle de rock. Il y a quelque chose de très grisant dans ce genre de show », raconte l’animateur. C’est ma toune, c’est aussi deux équipes, les filles et les gars, qui s’affrontent pour gagner. Et il faut dire que Jean-François et Marie-Ève incarnent à merveille cette complicité/rivalité. Forcément, on s’attache !


Maintenant, vous vous posez peut-être la question suivante : comment être aussi uni que nos amoureux ? La recette n’est peut-être pas miraculeuse, mais selon Jean-François, cela réside en deux ou trois petites choses. « Cela fait 15 ans que Marie-Ève et moi sommes ensemble. On en a passé des tempêtes et on va en passer d’autres. Mais ce qui est important, c’est la communication. Être capable de se parler de n’importe quoi, n’importe quand. Ensuite, il faut délimiter les terrains. De se dire qu’aujourd’hui on ne travaille pas, on ne se parle pas de la job, c’est interdit. Et finalement, de ne pas tenir l’autre pour acquis. »


Un gars de nature 
et de voyages
Quand il n’est pas question de boulot, Jean-François profite de sa maison en campagne, histoire de respirer le grand bol d’air frais qui lui manque lorsqu’il est en ville. « On aime se tenir dehors ma blonde et moi, que ce soit hiver ou été. J’ai grandi sur le bord de la mer et on jouait toujours dehors. On aime skier, faire de la raquette et de la marche avec le chien, ou du bateau. » Et lorsque les amoureux se retrouvent avec un peu plus de temps à l’agenda, ce qui se fait plutôt rare en ce moment, ils plient bagage et partent à la découverte de nouveaux paysages. Dernière destination sur la liste, l’Italie gourmande. « On a vraiment fait un voyage de bouffe ! Et pour le prochain, on parle de l’Irlande. Ce serait vraiment un voyage musical. Étant du Nouveau-Brunswick, le rigodon, le violon ou la musique celtique, ce n’est jamais trop loin de moi. J’aimerais vraiment découvrir le traditionnel Irlandais. »


En attendant de pouvoir partir un peu plus loin, Jean-François profite de ses trajets de voiture pour s’évader au son de la musique qu’il aime. « On fait tellement de musique qu’à la maison, c’est souvent plus tranquille. Mais en auto, j’écoute beaucoup de musique comme du Damien Rice, du Allen Stone, du James Taylor ou encore du Patrick Norman. C’est très doux comme musique. Quand je suis en auto, j’aime relaxer. Et c’est souvent très folk, un peu comme l’univers de notre dernier album. »

Un album résolument différent qui nous dévoile le duo à travers une simplicité touchante. Était-ce risqué ? « C’est certain que le risque est toujours existant. Mais pour nous, une relation avec le public, c’est comme une relation d’amoureux. Il ne faut jamais tenir l’autre pour acquis. À chaque album, le public doit le rechoisir. » Parions qu’ils seront plusieurs à le faire.

 





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