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Publié dans Mieux-Être

Le 18 avril 2013 - 10:42  | Par Julie Niquette, chroniqueuse littéraire
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Quand l'amour épuise

Quand l'amour épuise

Savez-vous qu’il est possible de souffrir d’épuisement amoureux, c’est-à-dire de ressentir, peu importe notre âge, que nous avons affaibli notre potentiel amoureux jusqu’à être incapable de concevoir une nouvelle vie à deux sans vivre des émotions proches de la dépression? Malgré tout, on peut se sentir coincé entre le désir de revivre en couple et l’anticipation, la peur et la tristesse de perdre à nouveau. Ce nouveau livre de Robert Brisebois, Burn-Love, permet de mettre des mots sur ce sentiment vécu par de nombreuses personnes. En plus, il offre des pistes intéressantes pour cheminer et se libérer de cette lassitude et de ce stress continuels qui minent le quotidien. 

 

 

Est-ce que certaines personnes sont prédisposées à vivre ce genre d’émotions? Existe-t-il des moyens de se prémunir contre cet accablement amoureux? Pouvons-nous nous libérer de cet état? 

Devant toutes ces questions et bien d’autres encore, une rencontre avec l’auteur s’est imposée. Entrevue avec l’homme qui nous permet de réaliser que nous évaluons bien souvent le succès de notre relation amoureuse de la même manière que notre vie professionnelle.

Monsieur Brisebois, qu’est-ce que le burn-love?
Être en burn-love c’est quand le simple fait de s’imaginer en couple vous donne envie de pleurer, c’est être épuisé et avoir dépensé toutes ses ressources à mal aimer. La personne qui le vit est convaincue qu’elle ne sera plus jamais amoureuse, qu’elle n’aura jamais plus la force d’être à nouveau en couple. C’est un sentiment d’abattement très intense.

Quelles ont été vos motivations à consacrer un livre entier à ce sujet?
À force de donner des conférences dans des groupes de personnes célibataires ou séparées. Les témoignages des personnes qui venaient me parler lors des pauses convergeaient vers cet état de mal-être. J’ai fini par me rendre compte que ce qui les unissait c’était l’épuisement, la perte totale d’énergie à investir dans une relation amoureuse et le sentiment intense d’avoir perdu toute valeur personnelle à travers ces déboires amoureux.

Quel parallèle faites-vous entre l’épuisement professionnel et l’épuisement amoureux ou le burn-love?
Ce sont tous deux des syndromes dépressifs issus d’un investissement d’énergie mal géré et qui proviennent d’une carence d’estime de soi. Le burn-love a un effet beaucoup plus envahissant que l’épuisement professionnel. On quitte le travail tous les jours, mais on est toujours une partie d’un couple.

Est-ce que certains types de personnes sont prédisposés au burn-love?
Oui, définitivement. Les personnes les plus sujettes à souffrir d’épuisement amoureux sont les personnes idéalistes, ambitieuses et qui ont une faible estime d’elles-mêmes. 

Dans une société comme la nôtre où la performance est au cœur de nos préoccupations, comment pouvons-nous éviter un tel épuisement? 
C’est une excellente question et c’est le cœur du livre. Il m’a fallu deux ans pour arriver à une réponse cohérente. Pour s’en prémunir, il faut accepter d’entreprendre tout un travail de prise de conscience permanente et avoir le courage de se demander si tel ou tel modèle correspond véritablement à ce que nous sommes et voulons, ou si ces paradigmes ne sont pas que des solutions toutes préparées par une société qui a besoin que nous soyons toujours plus performants pour consommer toujours plus. Ce sont des slogans comme « Votre seule limite, c’est celle que vous vous imposez » qui multiplient les cas de burn-love.

Est-ce que vos recherches vous permettent d’affirmer que les personnes en burn-love sont de plus en plus jeunes?
On aurait cru que les personnes issues de familles non traditionnelles seraient moins portées à idéaliser le couple. Or, il n’en est rien. Les enfants des années 90 sont tout aussi dogmatiques que leurs parents par rapport à l’amour, et leurs attentes sont parfois encore plus idéalisées. J’ai pu observer que les jeunes couples se lancent facilement dans un modèle de couple fusionnel où la magie de l’amour occupe une place beaucoup trop importante par rapport à une communication franche, et ce, chez des personnes qui passent pourtant plus de temps que jamais sur des plateformes de communication.

Comment pouvons-nous nous sortir du burn-love? Est-ce possible?
Bien sûr que c’est possible! Je consacre une bonne partie de mon livre à expliquer comment l’éviter et s’en sortir. Même que le dernier chapitre s’intitule « Pour en sortir une fois pour toutes ». Je dirais que pour le déjouer tout comme pour s’en sortir, il faut revoir ce qui structure et renforce notre estime personnelle et lui donner une nouvelle direction.

Croyez-vous que l’instantanéité qui vient avec les médias sociaux, notamment, joue un rôle sur notre désir d’obtenir le conte de fées, ici et maintenant?
L’aspect instantané fait en sorte que les couples veulent tout, tout de suite : la vie à deux, l’appartement, les deux carrières à pleine vitesse, les grands projets de couple… En conséquence, ils ne se donnent pas le temps d’apprivoiser ces diverses étapes de la vie et s’imaginent que le bonheur passe par l’acquisition de chacun de ces éléments. 

Quels conseils donneriez-vous à l’entourage d’une personne en burn-love? Comment pouvons-nous l’aider?
Être à l’affût. Ce n’est pas évident, l’épuisement amoureux. Comme on n’y parvient pas du jour au lendemain, il faut être attentif aux signes précurseurs et ne pas les confondre avec d’autres symptômes plus proches du syndrome prémenstruel, de la ménopause, de l’andropause ou simplement du surmenage. La meilleure façon d’aider une personne en burn-love (outre le fait de lire mon livre!) c’est de l’encourager à aller chercher de l’aide extérieure auprès d’un professionnel, un psychologue, par exemple.

 

L’auteur Robert Brisebois en cinq questions

1- Un mot qui définit cette expérience d’écriture.
Continuité. Burn-Love, c’est vraiment la continuité de mon premier livre, Le Grand Ménage Amoureux, et de toutes les conférences que j’ai données à la suite de sa sortie.

2- Quel livre auriez-vous aimé écrire?
L’amour c’est tout, le hasard c’est autre chose, écrit par Robert Brisebois, mon homonyme. C’est tellement bien écrit!

3- Quel personnage issu d’un livre vous ressemble le plus et pourquoi?
On me dit tout le temps que je ressemble à Phillip Mortimer, le personnage de bande dessinée. Outre l’aspect physique, j’ai son caractère bouillant qui inclut l’absence de compromis et je partage sa foi en l’amitié et en la loyauté. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui m’appellent Mortimer sans même savoir mon véritable patronyme.

4- À ce moment-ci de votre vie, quel serait le titre de votre biographie?
Ceux qui voient la vie comme une ligne droite ont les yeux croches.

5- Quel est le plus beau mot de la langue française?
Ça dépend des jours! J’aime bien « loyauté ». Mais je crois que c’est la justice qui fait toute la différence. Chacun sait qu’elle est une utopie et malgré tout, tout le monde espère son existence. Comme le dit Camus, c’est ce qui nous rend humains.

Burn-Love est actuellement en librairie.
Pour découvrir davantage cet auteur et connaître les dates de ses activités professionnelles, visitez le www.robertbrisebois.com.





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