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Voyage

Le 11 avril 2013 - 14:53  | Par: David Riendeau
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Salsa express

Salsa express

La Colombie possède une vie nocturne incroyable. Les fêtes débutent sur le coup de minuit et se terminent aux aurores. Le voyageur découvrira un univers à fleur de peau peuplé de musiciens virtuoses, de femmes envoûtantes et de personnages pittoresques. Voici la chronique de mes folles nuits colombiennes. 

 

 

 

 

 

Bogota

Première nuit dans la capitale de 9 millions d’âmes, mon amie colombienne et son mari australien m’accompagnent sur la 53e rue, artère où s’alignent de nombreux bars et boîtes de nuit. Des rabatteurs cherchent à nous attirer dans leur établissement tandis que de séduisantes filles perchées sur leurs talons hauts se faufilent parmi les sifflements des passants. 

Nous entrons dans un bar populaire où le personnel nous sert comme si on était au Ritz. L’aguardiente, l’anisé local, nous réchauffe. Je remarque à la table d’à côté deux filles dans la jeune vingtaine, type étudiante. Un peu de courage. Je vais leur parler. Deux minutes plus tard, j’obtiens un numéro. Les filles se dirigent vers un autre club, mais elles attendent mon appel. Ça promet! Fier comme un paon, je me retourne vers mes amis. Tout le monde dans le bar éclate de rire. « C’était une prepago (prépayée), une fille de joie! » Quand c’est trop beau pour être vrai.

Dernière nuit à Bogota, je tente ma chance au Quiebracanto, un bar du centre. J’invite à danser une jolie trentenaire à la coupe garçonne. « Où as-tu appris? » est sans doute la plus belle question qu’une Colombienne puisse faire à un étranger sur la piste. Ses yeux d’un vert émeraude m’électrisent. Les heures filent, trop courtes, trop heureuses. 

Où prendre un verre? Bogota Beer Company est l’une des rares micro-brasseries de la ville. Atmosphère de pub anglais, clientèle jeune et branchée. 

Où manger? Tout séjour dans la capitale doit passer par Andrés Carne de Res, un restaurant typiquement colombien dans le village de Chia qui se transforme en discothèque la nuit tombée. Un peu cher, mais ambiance garantie. 

Où faire la rumba? Le Goce Pagano constitue un excellent endroit où danser la salsa à Bogota.

Une chanson à mettre dans son lecteur : La Gata Golosa de Fulgencio Garcia.

Cali 

Bien qu’originaire des Caraïbes, la salsa a connu son âge d’or dans la ville de Cali. Il faudrait des semaines, voire des mois pour explorer la centaine de bars et de boîtes qui accueillent chaque nuit des milliers de fêtards. 

Vendredi soir, je sors accompagné d’Ana, une Colombienne de 20 ans aux jambes infinies. Dans la rue, je sens les envieux nous regarder. La soirée débute au Lebron Brothers, un bar pas cher avec une bonne ambiance. Nous enchaînons quelques chansons entre deux traits d’aguardiente. L’ambiance devient plus torride. 

La soirée se termine au Zaperoco, un bar mythique dans le chic quartier de Granada. Chaque mètre carré est occupé par des danseurs. Quelques touristes dans la foule se laissent entraîner, tout sourire. La beauté des femmes de Cali est légendaire, mais Ana retient toute mon attention. Ses mains graciles se posent sur ma nuque. J’enserre sa taille. Je ferme les yeux. La moiteur de son front, l’odeur de sa peau m’enivrent.

À la sortie des bars, je la reconduis jusqu’à sa maison. « Dans ton pays, c’est deux becs, si je pense bien » dit-elle en me faisant la bise. Le temps que je réalise quoi que ce soit, la fée Ana était déjà sortie du taxi. 

Semaine suivante, les hostilités reprennent au sympathique Tin Tin Deo. Ana est vêtue d’un simple tube de toile blanche et d’une jupe. Je m’assois près d’elle où je peux dévorer du regard ses jambes interminables qu’elle me laisse effleurer d’une main furtive. 

Nous commandons un demi de rhum que nous éclusons à petites doses avant de réchauffer la piste. La discothèque se remplit de danseurs à vue d’œil.  

J’enserre la taille de ma partenaire. Ses pas sont gracieux, allègres, raffinés. Nos regards se croisent. Nous retournons nous asseoir la chanson terminée. Mes yeux cherchent à nouveau les siens. Elle regarde ailleurs. Ah la gamine! Elle évite la confrontation au moment où j’ai envie de goûter à ses lèvres. Je nous sers un autre verre d’alcool. Nous trinquons. D’une main, je guide sa bouche vers la mienne. Premier baiser. Maintenant, je peux mourir heureux. 

Où prendre un verre? Le Café Mi Tierra dans le district Menga est très apprécié. Ouvert toute la semaine. 

Où manger? Le restaurant Faro Solar offre une carte variée de spécialités locales dans un jardin à l’ambiance feutrée. Idéal pour un premier rendez-vous. 

Où faire la rumba? Ouverte jusqu’aux aurores, la discothèque Chango est La Mecque de la salsa à Cali. Le district de Juanchito a la réputation d’être chaud. Prudence.

Une chanson à mettre dans son lecteur : Cali pachenguero de Grupo Niche

Medellin

Devant mon admiration pour les femmes colombiennes, tous m’ont répondu d’attendre de voir les paisas, les sublimes habitantes de Medellin. Ils avaient raison, mille fois raison. Serait-ce leur longue et ondulée chevelure noire, leur démarche majestueuse ou leurs courbes époustouflantes? Les paisas possèdent un je-ne-sais-quoi.

J’entreprends mon exploration nocturne en compagnie de Luisa, une pétillante blonde dont le délicieux rire résonne encore dans ma tête. Nous débutons la soirée au bar cubain Mi Habana où un orchestre joue une musique langoureuse. Nos mains et nos corps s’unissent le temps de quelques chansons. 

Luisa m’entraîne dans la nuit. Guidé par la douceur de sa main, je la suis, docile. Cent baisers volés plus tard, notre promenade s’achève au Liquor Office. Le bar s’est transformé en discothèque avec ses couples lovés les uns contre les autres au rythme d’une musique sulfureuse…

Le soir suivant, Luisa me donne rendez-vous au Sky Bar, toujours dans la zona rosa de Medellin. Tout émerveillé de la veille, je me rends à pied pour goûter un peu à l’atmosphère de la ville. Ici, la fête commence dans la rue. Luisa accompagne un groupe d’amis déjà réchauffés par la danse et l’aguardiente. Elle me présente à ses copines qui me font l’honneur de danser collé-collé avec moi. Je suis aux anges, mais je ne perds pas ma blondinette des yeux.

Durant la soirée, je demande à Luisa ce qu’un homme doit faire pour séduire une Colombienne. « Être gentilhomme, entreprenant et avoir les tripes de l’inviter à danser. » 

Où prendre un verre? Shupa Shots propose de refaire votre cours de chimie 101 en inventant de nouveaux cocktails. 

Où manger? El Rancherito. Un restaurant typique comme on les aime. 

Où faire la rumba? Armana dans Barrio Colombia pour son ambiance pharaonique. Palmahia à Itaguï est LE club de l’heure avec un plancher de danse pouvant accueillir près de 3000 personnes. 

Une chanson à mettre dans son lecteur : Me enamora de Juanes

Guide de survie à la rumba colombienne

>  Zona rosa: Quartier d’une ville qui rassemble bars et discothèques. 

> Qui paye: De façon générale, les femmes en Amérique du Sud s’attendent à ce que les hommes payent lorsqu’ils sortent ensemble. Si la relation est strictement amicale, l’addition est divisée. 

> Aventure d’un soir: Séductrices hors pair, les Colombiennes ne sont pas faciles pour autant. Méfiez-vous de celles qui semblent gagnées d’avance : fort à parier que c’est leur métier.

> Chiva bus: Autobus pour faire la rumba. Mieux vaut monter quand la fête est déjà commencée plutôt que de réserver avec l’hôtel. 

> Consommation minimale: Certains établissements vont exiger que vous achetiez une bouteille d’alcool : il s’agit souvent d’une façon habile de faire dépenser davantage les touristes. Insistez pour être servi de façon convenable tout en restant poli.>

Danse: La meilleure façon de briser la glace avec une Colombienne est de l’inviter à danser. Dans chaque ville, plusieurs écoles de danse latine offrent des cours de quelques heures aux étrangers.





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