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Le 17 octobre 2012 - 09:47  | Par: Félix Amyot
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Demeurer sans voix

Demeurer sans voix

 

Votre contrat de téléphonie mobile vous horripile avec ses deux sections: voix et données. Vous utilisez la voix parce que c’est un téléphone, mais les données sont superbement pratiques pour rester en contact par Facebook, prendre vos courriels, savoir en temps réel comment se débrouillent les Habs et même servir de modem à votre ordinateur quand vous êtes sur la route. Mes amis, gardez la foi! Bientôt, je vous le dis, la portion minutée de votre contrat expirera, sans vous empêcher de parler à qui de droit!

Pour parler à quelqu’un, c’est bien simple, il faut transmettre un message via un canal. Le message, ici, c’est la voix, une onde, une vibration de l’air. Ce qui a changé depuis 10 ans, c’est la façon d’envoyer ce signal. Auparavant, il s’agissait de l’empreinte continue (analogique) du son de votre voix qui était envoyée par courant électrique sur une ligne filaire. Aujourd’hui, on découpe (numérise) votre conversation plusieurs milliers de fois par seconde pour transmettre chacun de ces petits blocs, via les ondes de téléphonie cellulaire, sur le portable de votre interlocuteur, qui remet tout ce bordel ensemble pour recréer quasi exactement vos vocalises.

Pour être bien sûr que le tout s’exécute entre les bonnes personnes, vos deux appareils sont dotés d’une puce interne ou externe qui identifie votre appareil de façon unique au monde. Ainsi, en composant votre numéro de téléphone, votre interlocuteur s’adresse en fait à votre puce par l’entremise du serveur central de votre fournisseur, qui sait très bien comment se démêler avec les puces et leurs numéros respectifs. Comme votre puce signale sa présence aux antennes cellulaires quelques fois par minute, le réseau est capable, la plupart du temps, de savoir quelle antenne utiliser pour une communication optimale. Donc, si vous sortez de l’avion en Inde après avoir éteint votre appareil, il communiquera dès que vous le rallumerez avec le fournisseur indien le plus près qui, lui, dira à Rogers, Bell ou Telus que vous êtes maintenant à New Delhi et qu’ils peuvent vous charger 2$ la minute...

Alors, qu’est-ce qui change maintenant que les téléphones vont aussi sur internet? Comme vos ordinateurs, ils ont maintenant une adresse IP (Internet Protocol) qui les identifie de façon unique sur le réseau. Vous possédez donc une puce unique pour la voix et une adresse IP unique pour les données. Mais comme la voix se transmet maintenant comme une donnée, pourquoi ne pas en profiter pour tout transmettre sur cette même connexion internet et ne plus utiliser votre puce?

Au début, la réponse avait à voir avec la vitesse. Les premiers réseaux cellulaires n’étaient ni assez rapides ni suffisamment constants pour permettre une transmission vocale par internet. Si vous avez déjà utilisé Skype avec une connexion internet de mauvaise qualité, vous savez de quoi je parle. Aujourd’hui, les publicités vantent les prouesses du réseau 3G, 3G+, HSPA, etc., qui sont beaucoup plus rapides et fiables. Pour être continue, une conversation téléphonique par Skype requiert environ 10 kb/s (kilo-octets par seconde) dans les deux directions. Les réseaux cellulaires modernes sont capables d’en fournir au moins 3 fois plus en amont (envoi), et facilement 10 à 15 fois plus en aval (réception). Il n’y a donc aucune restriction technologique pour vous empêcher d’utiliser, par exemple, la version mobile de Skype pour faire vos appels. Là où Bell ou Rogers vous demandent 30$ par mois pour 200 minutes, Skype ne vous en demandera que trois et ne comptera pas vos appels au Canada et aux États-Unis. Difficile à battre, non?

Vous pouvez donc dès maintenant appeler n’importe qui à très peu de frais, mais peut-on vous rejoindre de la même façon? Au Canada, pas encore, mais l’immense Google chapeaute un projet pilote chez nos voisins du sud, où vous pouvez vous inscrire gratuitement à un service vocal (Google Voice) et recevoir un numéro de téléphone ordinaire associé à votre compte. À ce point, la boucle est bouclée: les communications téléphoniques sont gratuites à la grandeur du pays. Pour le moment, ce service est disponible uniquement sur un ordinateur, mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’une version mobile soit distribuée. Le réseau canadien étant très similaire à celui des États-Unis, le CRTC ne pourra pas fermer les yeux bien longtemps là-dessus. Nous aurons donc bientôt accès à la communication gratuite illimitée.

Ne vous étonnez donc pas si, au Québec, Vidéotron fait actuellement une si grande promotion de son plan illimité. Les autres fournisseurs suivront aussi, car ils savent que la fin est proche et ne veulent que vous faire signer un contrat de trois ans avant que la gratuité ne devienne réalité. Par contre, à votre prochain renouvellement, vous pourrez continuer de parler, tout en demeurant sans voix.

 

Pour parler pas cher
Skype : www.skype.com
Line2 : www.line2.com
MagicJack : www.themagicjack.ca





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