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Le 16 octobre 2012 - 09:42  | Par: Frédéric Savard
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La rivalité Canadiens-Nordiques et les QUÉBÉCOIS dans la LNH

La rivalité Canadiens-Nordiques et les QUÉBÉCOIS dans la LNH

La frénésie entourant l’hypothétique retour des Nordiques à Québec stimule l’imagination des amateurs de sports et permet aux plus vieux de ressasser sans cesse la fameuse rivalité Montréal-Québec. Depuis quelques années, on entend également des critiques provenant des journalistes et des partisans à savoir que le Canadien ne ferait pas assez d’effort pour attirer les Québécois en son sein. Y a-t-il un lien entre les deux?

Le départ de Guillaume Latendresse l’an dernier et de Maxime Lapierre cette année ont eu l’heur d’exacerber la méfiance grandissante des partisans du CH envers son la direction de l’équipe qui, selon Réjean Tremblay, par exemple, pratique ni plus ni moins qu’un véritable génocide du Québécois dans la Flanelle.

Il n’en faut pas plus pour que les journalistes s’emballent et rappellent aux fans qu’à l’époque de la sacro-sainte rivalité, les deux équipes du Québec faisaient des efforts titanesques pour aligner des Québécois, afin de courtiser leurs clientèles respectives. Mais qu’en est-il vraiment

Curieux de confronter les chiffres réels avec les impressions, je me suis replongé dans cette époque afin de voir comment les deux équipes québécoises se répartissaient les jeunes talents d’ici. J’ai donc recensé tous les choix au repêchage du Canadien et des Nordiques pour période allant de 1979 à 1995, en plus d’étendre ma recherche au choix de repêchage du CH de 1995 à aujourd’hui, question de valider l’affirmation selon laquelle la Sainte-Flanelle aurait abandonné le recrutement de joueurs d’ici lorsque les Nordiques ont migré au Colorado.

Les conclusions sont étonnantes…
En 1979, à l’arrivée des Nordiques, on peut constater que nous n’étions pas dans l’Eldorado québécois sur le plan recrutement. Le Canadien ne repêche que 2 Québécois sur 8 joueurs, dont Gaston Gingras en 1re ronde et Guy Carbonneau en 4e ronde. Les Nordiques en repêchent aussi 2 en 6 rondes avec notamment Michel Goulet en 1re ronde et Pierre Lacroix en 5e ronde. Les deux équipes, il faut le dire, comptent déjà sur plusieurs Québécois dans leur alignement avec les Lambert, Tremblay, Lafleur, Lemaire, Savard et compagnie pour Montréal et les Cloutier, Tardif, Brodeur et Plasse du côté des Bleus. 

L’année suivante, Montréal ne repêche que Rémi Gagné, en 7e ronde, sur un total de 12 joueurs. Les Nordiques en repêchent 4 Québécois sur 8 choix, le plus connu étant Normand Rochefort en 2e ronde. 

En 1981, Canadien ne recrute qu’un seul francophone d’ici en 13 rondes, le suave Gilbert Delorme, au 2e tour. Québec pour sa part en sélectionne 3 sur un total de 8, mais aucun ne connaîtra une carrière dans la LNH. 

En 1982, le CH ne sélectionne que 2 joueurs d’ici sur un total de 17 (!), pendant que les Bleus ajoutent 3 joueurs québécois sur 11, dont Mario Gosselin repêché en 3e ronde. 

De 1983 à 1988, le Canadien va repêcher 19 Québécois sur un total de 85 joueurs, avant de donner un grand coup en 1989 avec la sélection de 7 joueurs en 12 rondes. C’est l’année des Patrice Brisebois, Pierre Sévigny, André Racicot et Patrick Lebeau. 

Du côté des Bleus, les années 80 seront plus ou moins riches avec, en 1986, une pointe de 5 Québécois en 14 rondes. On s’en tient malgré tout à une faible moyenne de 2 joueurs par année dont aucun (!) en 1987, malgré 12 rondes cette année-là. 

Même chose en 1990: les Nordiques ne repêchent aucun joueur francophone. Ils se contenteront de 3 joueurs en 1991, 3 en 1992, 1 en 1993 et 1 en 1994, année de leur dernier repêchage avant l’exil au Colorado. Sur les 8 Québécois repêchés dans les années 90, seul Jocelyn Thibault aura connu une carrière dans la LNH. 

Pour la même période, le CH repêchera 14 Québécois sur un total de 67 joueurs, dont les plus connus sont Gilbert Dionne (1990) et José Théodore (1994). Disons que c’est du pareil au même sur le plan des joueurs établis dans la LNH!

À la lumière de ces faits, difficile de sentir une urgence chez les deux équipes de garnir leurs rangs en joueurs francophones. Ce qui est intéressant, par contre, c’est qu’après le départ des Nordiques, le CH continue de repêcher des Québécois à peu près au même rythme : un total de 14 joueurs sur 51 pour le reste des années 90; et 16 joueurs d’ici sur 85 pour les années 2000. 

En chiffres bruts, voici à quoi ressemble le repêchage des joueurs d’ici avant et après le départ des Nordiques.

Assez étonnant non? On s’entend qu’une deuxième équipe à Québec ne nuirait pas à la présence de francophones dans la LNH, mais force est d’admettre qu’elle n’aurait probablement aucun impact sur l’attitude du Canadien en regard des joueurs d’ici. 

De toute façon, tant que le Centre Bell fera salle comble malgré le faible nombre de joueurs francophones, rien n’y changera. L’an dernier, quand le Canadien éliminait les Capitals et les Penguins, qui, à part Réjean Tremblay, se plaignait réellement du peu de Québécois dans l’équipe?





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