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Rencontre

Le 12 octobre 2012 - 11:28  | Par: Cassandra Poirier
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Mario Tessier

Mario Tessier

Il se glisse dans la peau de René Angelil, Grégory Charles, Ti-rouge, Thunder, Armand ou Jean-Marc Parent. Depuis plus de 20 ans, il fait rire le Québec tout entier avec son acolyte des Grandes Gueules, José Gaudet, mais c’est à la barre de sa nouvelle émission de télévision que l’on a pu découvrir autrement l’humoriste et animateur, Mario Tessier. Portrait de la nouvelle coqueluche des Québécois. 

Ça ne fait pas encore un quart d’heure que Mario Tessier est arrivé sur le lieu de la séance photo que déjà, il se met à chanter et à faire des blagues. «J’aurais voulu être Michael Bublé, lance-t-il. Il est comique comme Sammy Davis l’était et possède une voix qui ressemble à celle de Frank Sinatra.» Certes, Mario n’est pas «Pelchat», mais il baigne dans l’univers de la musique, autant à la radio qu’à la télévision. «J’adore la musique et j’adore chanter! Je pourrais me passer de bien des affaires dans la vie, mais pas de musique… Si tu viens souper chez nous, c’est sûr qu’après deux verres de vin, je chante avec une cuiller en bois», raconte-t-il avec humour. Et même sans cuiller en bois, Mario pousse des notes, le trémolo dans la voix, au cours de l’essayage, histoire de se mettre à l’aise.  

Cette passion de la musique, il la transmet chaque dimanche soir à près de deux millions de téléspectateurs à la barre de l’émission de variétés On connaît la chanson, sur les ondes de TVA. « Je connaissais déjà Don’t forget the lyrics, la version américaine de l’émission. Ça faisait longtemps que je regardais ce show-là et à l’époque j’ai dit à mon gérant: si un jour on l’adapte au Québec, je veux passer l’audition.» Les producteurs ont misé juste. La nouvelle coqueluche a su gagner le cœur de milliers de Québécois rivés chaque semaine à leur écran pour chantonner avec les candidats les meilleures chansons de karaoké. «J’ai amené à ce show-là ce que j’aime dans la vie, ce que je suis… Je me suis dit que si j’ai vraiment le goût de le faire, au bout du compte, les gens devraient le sentir. Ça va être vrai. Que ça plaise ou pas, ça va venir de moi.» Le succès ne ment pas; Mario a su tirer la bonne épingle de son jeu en dévoilant une autre facette de sa personnalité que je découvre au fil de l’entrevue. «J’adore mon émission de radio parce que je peux faire le fou, m’amuser, faire des personnages et dire des niaiseries. Mais On connaît la chanson c’est un autre mandat», explique l’humoriste.  

Cela faisait un moment déjà que Mario caressait le rêve de faire de la télévision, même s’il a eu l’occasion de faire plusieurs plateaux de télé avec son complice José Gaudet. Mauvais «timing» ou mauvaises offres, il aura fallu attendre On connaît la chanson pour le découvrir dans un autre rôle que de celui d’humoriste. «J’avais besoin de ça artistiquement pour m’épanouir, pour me prouver que je pouvais faire autre chose. Même si ça fait 20 ans que je suis dans le milieu, tout est à recommencer à chaque nouveau projet. On est très vite sur les étiquettes. Oui, je suis un gars qui est capable de dire des conneries, mais je suis aussi capable d’avoir une bonne discussion et d’être sérieux. Je me connais, je le savais, mais j’avais hâte de le montrer.» 

Après 17 années à la radio et encore d’autres à venir, Mario a passé le test de la télévision. Mais s’attendait-il à une telle réponse du public? «Jamais», s’exclame-t-il. Parce que décidément depuis plusieurs années, l’étiquette «numéro 1» lui colle à la peau, autant à la radio avec l’émission du retour Les Grandes Gueules sur les ondes de NRJ, qu’à la télévision. «Je suis béni. Il y a un ange en haut qui vielle sur moi, et ça doit être mon père. Je suis extrêmement chanceux, mais je suis un gars de cœur dans la vie. Je me fie à ce que mes tripes me disent de faire», raconte l’animateur avec humilité.         

Tapez «Mario Tessier» dans Google et apparaitra à ses côtés «José Gaudet». Après plus de 26 ans de vie commune, le duo en serait-il à sa fin? Le «trip» solitaire aura-t-il raison de la carrière à deux? «Certainement pas, affirme Mario. On va toujours avoir des projets ensemble, mais ça ne nous empêchera pas d’en avoir aussi séparément. On a du fun et tant qu’on va en avoir, je ne vois pas pourquoi ça arrêterait. Il nous reste encore plusieurs années de contrat à la radio et il y a des projets qui nous sont soumis, mais en même temps, il y a des trucs que j’aimerais faire seul et lui aussi.» Les fans des Grandes Gueules se verront donc soulagés de savoir que le couple va bien et qu’il passe encore beaucoup de temps ensemble, ne serait-ce que pour la radio qui demande un travail de 60 heures par semaine. «Il y a des “trips ” que je voulais vivre qui n’étaient pas nécessairement ceux de José. Il est dans une période de sa vie ou il a envie d’en faire un peu moins, ce que je respecte, alors que moi j’ai une rage d’en faire plus.»   

Mario a toujours su qu’il voulait faire de l’humour, mais à 18 ans la route le menant au showbiz bifurque. Il décide alors d’entrer dans l’armée canadienne et signe un contrat de trois ans pour œuvrer au sein du premier commando chez les parachutistes. «J’ai l’impression que c’est dans une autre vie, lance-t-il. Je ne referais jamais ça, mais je suis content de l’avoir fait. Je regarde des photos et je ne peux même pas croire que c’est moi!» Même si l’armée et l’humour semblent être à des champs complètement opposés, Mario admet que c’est l’humour qui lui a permis de passer à travers cette période de sa vie et de plusieurs moments difficiles. «Ma chanson préférée à vie, celle avec le plus beau texte, c’est Smile de Charlie Chaplin. Si tu ris, ça va toujours mieux passer. Je savais que je n’étais pas à ma place dans l’armée dès le début, mais j’ai signé pour trois ans alors je me suis dit que j’allais le faire. Je suis comme ça. Tant qu’à faire quelque chose, je le fais jusqu’au bout.» À la sortie de l’armée, Mario retrouve José et se lance dans la carrière d’humoriste à fond, comme dans tout ce qu’il entreprend. 

Alors que la session de photo se termine, ce sont les vacances qui commencent pour Mario. «Il était temps, parce que je suis fatigué», lance-t-il. «Je suis un gars intense dans la vie. Je n’ai pas de demi-vitesse. Je le fais ou je ne le fais pas! Quand je m’entraine, je m’entraine! Quand je fais de la bouffe, je fais de la bouffe! Intense, passionné, épicurien fini, j’aime la vie. J’ai toujours peur que ça finisse. Quand je suis avec mes filles, je me dis que le temps passe vite. J’ai peur de ne pas être correcte, de ne pas en faire assez…» Intense et un peu “workaholic” sur les bords, ce Mario Tessier. Mais quand c’est le temps de décrocher, il le fait également à 100%. Il profitera de ses vacances pour aller au chalet et faire du ski en compagnie de ses filles et pour voir la famille et les amis. 

Grand sportif, Mario est un mordu de golf et pas à peu près! «Je regarde le golf au mois d’avril, quand ça fait quelques mois que je n’ai pas joué et j’ai les yeux pleins d’eau», lance-t-il à la demi-blague. Et la bouffe, que dire de la bouffe? «Je suis un pas pire “cook”», admet Mario. Le classique pour impressionner la visite? Foie gras poêlé, avec une réduction de Grand Marnier et sirop d’érable, accompagné de la parfaite bouteille de vin. «Je suis un passionné de vin! Je peux passer une semaine à penser à ce qu’on va manger et à ce qu’on va boire. La SAQ, c’est pour moi un gros Toys “R” Us!». Lors de ces congés, Mario prend aussi le temps de voyager. «New York est ma ville préférée au monde! Si tu es “down ”, tu reviens comme si tu avais bu du Red Bull! C’est tellement hot, mais en même temps ce n’est pas reposant. Il y a des énergies différentes partout, c’est tellement enrichissant et c’est juste à côté de Montréal!»     

Mario peut donc continuer à chanter avec fougue et passion, car on peut dire que tout lui réussit plutôt bien. Et quelle serait l’émission de télévision parfaitement à l’image de Mario Tessier? «Un talkshow de fin de soirée avec des moments sérieux, mais aussi des gags. Un peu ce que Jean-Pierre Coallier faisait, mais plus léger avec quelque chose de nouveau pour chaque artiste qui est invité», rêve Mario. Un rêve qui deviendra peut-être réalité. 

 

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Crédit photo: Costume Dior | Chemise Prada | Cravate Neil Barrett | Pochette Yves Saint-Laurent

 





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