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Style de vie

Le 12 octobre 2012 - 10:52  | Par: Cassandra Poirier
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L'art au masculin

L'art au masculin

Qui a dit que la déco est une affaire de fille? Chez Lisabel, les chums tassent leur blonde, au plus grand bonheur de celles-ci, pour choisir le tableau qui trônera dans le salon. Urbain, contemporain et même masculin, l’art de Lisabel interpelle la gent masculine qui devient complètement gaga devant ses œuvres au fort caractère. 

«Les gars adorent ça. Ils viennent ici avec leur blonde et disent: “moi je veux ce taureau-là, cet abstrait-là!”», raconte Lisabel. L’art contemporain attirerait-il davantage les hommes ou est-ce le style unique de l’artiste qui sait les charmer? L’art est abstrait, mais se dessinent sur certaines toiles des silhouettes d’hommes et de femmes, des taureaux, des instruments de musiques ou bien des visages. Les couleurs sont fortes et le fini est texturé. «Souvent, on le remarque quand c’est des femmes qui peignent. En général, elles font de l’art très féminin alors que je qualifierais plutôt le mien de très masculin», explique Lisabel.  

Le style de l’artiste est unique, tout comme le processus de création de ses toiles qui résulte du mariage de l’art et de la chimie. Oubliez l’acrylique et les peintures à bas d’eau, Lisabel utilise du polyester liquide qu’elle manie avec des spatules pour créer des textures et du relief. «Je prépare mes couleurs et crée des réactions chimiques. Si je veux que le rouge et le noir se mélangent ensemble, ils doivent réagir de la même façon. Si je veux que le blanc soit retiré, il doit réagir de façon différente. Je dois penser à tout cela quand je fais un tableau», explique l’artiste.   

Lisabel Filiatrault a étudié les matériaux composites et s’est ensuite lancée dans ce domaine. «J’ai commencé à peindre très jeune. Je faisais des reproductions de Picasso et Salvador Dali et elles étaient identiques. Je savais que j’avais l’œil, mais jamais je n’aurais pensé devenir artiste. Je savais tout simplement que j’aimais ça», raconte l’artiste. Après avoir travaillé à Montréal et à Toronto, Lisabel part à Atlanta lorsqu’elle a 21 ans. C’est à ce moment qu’elle traine dans les laboratoires et commence à peindre des toiles abstraites. «J’expérimentais les produits chimiques ensemble, les réactions, les couleurs et j’ai découvert que c’était bien mieux que de l’acrylique ou la peinture à base d’eau», raconte-t-elle. Au fil du temps, Lisabel s’est créé un réseau et a réussi à organiser un premier vernissage. «J’ai vendu tout ce que j’avais! Les gens ont aimé les effets et les couleurs, mais à ce moment, la carrière d’artiste me faisait peur.» De retour à Montréal, deux ans plus tard, Lisabel est embauchée dans une grosse manufacture de produits chimiques, mais continue de peindre dans les laboratoires de ses clients. «J’avais un poste très important. Beaucoup de gens travaillaient pour moi, j’avais beaucoup de liberté et je gagnais très bien ma vie. Quitter un emploi comme celui-là pour devenir artiste, ça prend du “guts”! J’étais très déchirée, car je voyais que je pouvais en faire une carrière.» À partir de ce moment-là, tout s’enchaîne pour Lisabel qui gagne un premier Grand prix du Cercle des Artistes Peintres et Sculpteurs du Québec en 2007. Si l’artiste n’est toujours pas capable de prendre la décision de se consacrer totalement à son art, la vie lui donnera un coup de pouce. Victime d’un accident de patins à roues alignées, Lisabel perd son emploi et décide alors d’ouvrir sa première galerie d’art. 

 

 

 

Nouvelle expérience
Depuis 2007, Lisabel se consacre entièrement à son art. Mais tout récemment, sa galerie a fait peau neuve en déménageant dans le quartier artistique tendance de Montréal, Griffintown, et en a profité pour redéfinir son concept. Autrefois située à Ville Mont-Royal, la galerie n’arrivait pas à attirer sa clientèle, principalement composée de gens d’affaires, d’entrepreneurs et de particuliers, souvent situés au centre-ville. Aujourd’hui, nul besoin de sollicitation, tout le monde se déplace pour admirer les tableaux de l’artiste-peintre lors de ses vernissages. 

Si la galerie était autrefois publique, Lisabel a plutôt voulu la privatiser pour rendre l’expérience plus unique et personnelle à tous ceux qui s’intéressent à son art. «Quand tu es pignon sur rue, il y a 98% des gens qui entrent et ressortent les mains vides. Avec les années, on s’est créé un grand réseau. On connaît tellement de gens, que l’on préfère les inviter et les recevoir pour parler de projets concrets, explique l’artiste. On a été très visible au niveau des fondations et des autres galeries, alors aujourd’hui, on peut se permettre d’avoir une galerie privée. Les gens savent qui est Lisabel.» 

L’expérience en vaut le coup. Entrer dans la galerie, c’est plonger dans le monde contemporain et unique de Lisabel. Si, à la base, l’espace était composé de quatre murs blancs et de planchers «tout croches» comme le décrit l’artiste, la transformation a été radicale. Johanne Lortie, designer d’architecture d’intérieur et amie de Lisabel, a aménagé la galerie pour en faire un loft ultra contemporain où chaque toile est mise en valeur. «On voulait que les gens se sentent bien, qu’ils se sentent chez eux. Souvent quand on entre dans une galerie d’art il y a des néons, les murs sont blancs et c’est très impersonnel. Les gens regardent comment tu es habillé et testent tes connaissances sur l’art. Nous voulions plutôt faire le contraire! Quand les gens entrent, on leur sert un verre de café, de vin ou même un verre de champagne. Il y a un salon, une toilette, une cuisine; les gens se sentent dans une maison et sont capables de s’imaginer les tableaux dans leur propre résidence», raconte Lisabel. 

Aujourd’hui l’artiste remporte un franc succès auprès de sa clientèle. Son partenariat avec Glenn Miller, entrepreneur, gérant et aussi mari de l’artiste, a propulsé sa carrière au sommet. «En 2008, j’ai dit à Glenn: “tu es René Angelil, moi je suis Céline, il faut que tu embarques avec moi! Je sais que ça va marcher, j’ai besoin de ton aide!”»Lisabel avait raison, car aujourd’hui elle possède des ententes avec BMW, Bombardier, Roche Bobois et Sothebys, entre autres. Si vous passez par l’hôtel Intercontinental de Montréal, vous pourrez même vous payer un luxe et réserver la suite «Lisabel»

 

La Galerie Lisabel est située au 1481, rue Ottawa à Montréal.   

 




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