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Le 10 octobre 2012 - 15:14  | Par: L'équipe du Guide de l'auto
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Les frères ennemis?

Les frères ennemis?

Pour plusieurs, les plus belles années dans l’histoire de l’automobile ­nord-­américaine ont été celles qui ont vu les légendaires « Muscle Cars » s’emparer du marché des voitures de performance. Ces véhicules américains musclés étaient non seulement fiables, mais leur silhouette était au goût du jour. La possibilité de mettre un gros moteur V8 sous le capot assurait des performances assez tonitruantes.

Les deux coqs de la catégorie étaient, bien entendu, la Ford Mustang et la Chevrolet Camaro. Les deux plus importants constructeurs de l’époque se livraient une bataille sans merci pour dominer cette catégorie très populaire et très lucrative. Puis l’association Sports Car Club of America, l’organisme gérant les courses automobiles aux États-Unis, a créé la série Trans-Am, permettant à ces voitures de s’affronter sur la piste. À des fins d’homologation, Ford a produit la Boss 302 tandis que Chevrolet y allait de la Camaro Z28. Quant à la Shelby de l’époque, c’était pour sa part une Mustang dotée d’un pedigree plus relevé, ayant été concoctée par Carol Shelby, père de la Cobra.

Puis, les règlements ont changé, de même que les goûts du public, sans oublier la crise du pétrole des années 70. Le tout peut expliquer l’abandon de ces bolides très spéciaux. Mais voilà que l’an dernier, Ford a dévoilé une nouvelle génération de son légendaire modèle Boss 302. Il s’ajoutait à la Shelby GT500, de retour en 2007. Venait-elle nuire à cette dernière?

Un pari osé
Le Boss 302 est un véhicule unique et il ne peut être dupliqué à l’aide de quelques accessoires et d’une puce de gestion du moteur. Pour le développer, l’on a choisi la version GT, qui sert de fondation. Le moteur V5 5 litres de cette dernière produisait 412 chevaux. Mais les ingénieurs voulaient obtenir un moteur dont la montée en régime est plus rapide, combiné à une hausse de la puissance. Pour ce faire, on a modifié les boîtes d’admission d’air, puis dessiné des arbres à cames aux lobes plus radicaux. En plus, un module de contrôle du moteur programmé de façon plus agressive permet d’obtenir 444 chevaux et 380 lb-pi de couple. Pour gérer toute cette cavalerie, l’on a choisi un différentiel à glissement limité. Il est par ailleurs possible de commander en option un différentiel à glissement limité de type Torsen. Et en prime, vous recevez des sièges Recaro. Il était également fort logique de choisir une boîte manuelle à six rapports et de la relier à un embrayage plus robuste.

Tout a été revu
Comme il se doit, tous les éléments de la suspension ont été remplacés, renforcés ou améliorés dans le but non seulement de bien gérer la puissance, mais d’assurer une conduite précise. Détail intéressant, les amortisseurs peuvent se régler en cinq niveaux de fermeté afin de les adapter au type de conduite et de surface. Les ingénieurs affectés à ce projet ont résisté à l’envie d’y installer un système à réglage électronique comme c’est le cas sur la Shelby GT 500. Par ailleurs, la direction à assistance électronique peut être réglée en trois degrés de fermeté : confort, standard et sport.

Pour freiner ce bolide, on a fait appel à des étriers Brembo à quatre pistons. Quant aux pneus, ce sont de Pirelli P-Zero. Les roues avant reçoivent des P255/40ZR-19 tandis que ceux à l’arrière sont des P285/35ZR-19. Vous avez compris que cette voiture ne fera pas bon ménage avec les routes enneigées.

Finalement, même si ce détail peut sembler superflu, la sonorité du système d’échappement a fait l’objet d’une attention particulière. Le système comprend quatre échappements. Les deux principaux sont longitudinaux et émergent à l’arrière du véhicule comme c’est généralement la norme. Deux autres tuyaux se dirigent vers le côté de la voiture pour sortir juste avant les roues arrière. Si vous aimez la sonorité des gros V8, vous serez comblés.

Comme si ce n’était pas assez, il est possible de commander le système «TracKey». Tel que son nom l’indique, il s’agit de deux clés de démarrage. Il y a une version courante et une autre, plus sportive, qui modifie les paramètres du moteur et assure de meilleures performances. Toujours au chapitre des options, Ford propose une version «Laguna Seca». Il s’agit d’une voiture «piste» dont la banquette arrière a été remplacée par un croisement de renforts de carrosserie. Elle est en outre allégée. Bien entendu, la suspension est encore plus sportive et les pneus davantage performants.

Le passé dominé
Sur le plan mécanique, on ne se fait pas flouer lorsqu’on opte pour la Boss 302 par rapport au modèle GT. Le moteur grimpe allègrement en régime, la tenue de route est supérieure et la voiture est précise dans les virages. Ajoutez à cela des freins puissants qui résistent à l’échauffement, et l’on se prend à rêver de réaliser une épreuve contre l’ancien modèle rendu si populaire par le légendaire Parnelli Jones dans les 

courses Trans-Am. Mais il est certain que la nouvelle génération l’emporterait. Après tout, le modèle original proposait 290 chevaux et roulait sur des pneus Goodyear Polyglass de 15 pouces. En plus, le nouveau modèle boucle le 0-100 km/h en 4,4 secondes tandis que la première génération s’exécutait en 6,5 secondes.

Cela dit, le Mustang Boss 302 n’est pas un concurrent direct à la Shelby GT500. Il cible la Chevrolet Camaro, l’ennemie de toujours.

La Corvette dans la mire?
Jusqu’à tout récemment, il semblait que le futur Chevrolet Camaro ZL1, avec son moteur 6,2 litres d’environ 550 chevaux, allait dominer la nouvelle génération des « Muscle Cars ». Chez les constructeurs américains, il n’y avait que la féroce Corvette ZL1 et ses 638 chevaux pour trôner au sommet du classement du muscle motorisé. C’était sans compter sur le dévoilement de la Mustang Shelby GT500 au dernier Salon de l’auto de Los Angeles. En effet, grâce à la magie de la suralimentation, son moteur V8 de 5,8 litres est passé de 550 à 650 chevaux. Cela en fait le plus puissant moteur V8 au monde.

Compte tenu de ces chiffres, ni le Boss 302 ou la Camaro ZL1 ne peuvent rivaliser en puissance. Même la Corvette ZL1 doit lui concéder 12 chevaux. Bref, la prochaine ZL1 aura le dessus sur la Boss 302 en raison de sa puissance additionnelle tandis que la bataille de la suprématie du muscle est actuellement l’apanage de la Shelby. Mais il s’agit d’un modèle 2013, ce qui donne plusieurs mois à Chevrolet pour requinquer sa Corvette.

Somme toute, la Boss 302 cible la Camaro SS tandis que la Shelby domine tout en fait de puissance. Mais si l’on se fie aux matchs comparatifs Corvette c. Shelby, il se peut que la Vette domine en piste en raison d’une meilleure tenue de route.

Et les discussions de repartir.

 





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